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Pour acheter du café de façon écoresponsable, suivez ce guide : Des conseils pour choisir votre café de façon éthique et écologique.

Derrière chaque tasse de café se cache une réalité bien plus amère que son arôme. Dans son livre La jungle du café, le journaliste français Pierre Wolf-Mandroux dévoile une filière mondialisée, où les multinationales dominent et où les petits producteurs peinent à vivre de leur travail. Malgré une consommation en constante hausse, l’avenir même du café pourrait être compromis.
Loin d’être impuissants, les consommateurs peuvent faire changer les choses. Voici quelques conseils de l’auteur pour vous aider à bien choisir votre café.
Miser sur la transparence. C’est simple : plus un café est traçable, mieux c’est. Le consommateur devrait au minimum connaître son pays d’origine. Les meilleurs torréfacteurs vont même indiquer — sur leur paquet ou leur site Internet — la région, l’altitude, le nom de la coopérative ou de la ferme, parfois même l’espèce et la variété du café.
Rechercher le bon label. Plusieurs labels font la promesse d’un café durable et équitable. Leur logo apposé sur les paquets sert surtout à rassurer le consommateur pressé. Après enquête, Pierre Wolf-Mandroux est catégorique : « Le seul logo fiable c’est Fairtrade (commerce équitable). Les autres — Rainforest Alliance, 4C utilisé par Nestlé, C.A.F.E de Starbucks ou AAA de Nespresso — ne servent à rien. » Ces labels reposent sur les normes facultatives, rarement contrôlées et sans impact réel sur les revenus des petits producteurs. Pire encore, plusieurs ferment les yeux sur des cas de travail forcé (parfois d’enfants) ou de déforestation.
Fuir les bas prix. « Si le prix est très bas, n’espérez pas de miracle, ce ne sera pas bon », laisse tomber l’auteur. Les cafés bon marché sont généralement des rebuts d’entrepôts, des grains attaqués par des maladies ou mangés par les insectes, explique-t-il. En bref, du café issu généralement de « pratiques sociales et environnementales dégradées ».
« Les pratiques d’antan ne sont plus durables, et le café est plus difficile à cultiver aujourd’hui. C’est normal que ça coûte plus cher qu’avant », ajoute-t-il.
Éviter les capsules. En plus d’être un « désastre écologique » — parce qu’on recycle peu voire pas l’aluminium —, la capsule est une « arnaque marketing », selon l’auteur, puisque le café qu’elle renferme est vendu deux à trois fois plus cher le kilo. Les petits producteurs ne touchent quasi rien de cet argent, qui revient surtout dans les poches des grandes multinationales qui les commercialisent.
Et d’après les dégustateurs avec qui l’auteur s’est entretenu, le café en capsule est loin d’offrir « l’artifice en bouche d’un expresso ou d’un café filtre bien préparé avec des grains d’exception […] pourtant moins cher au kilo ».
Privilégier les indépendants plutôt que les multinationales. Mieux vaut encourager des torréfacteurs indépendants, transparents et engagés, plutôt que des multinationales, comme Starbucks ou Nestlé. Cotées en Bourse, elles ont des exigences de rentabilité et n’ont que peu de préoccupations pour l’amélioration des conditions de vie des producteurs ou à la préservation de la planète, soutient le journaliste.
Source : https://www.ledevoir.com/