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L’OMS recherche des preuves d’efficacité de la médecine traditionnelle grâce à l’intelligence artificielle

– Le sommet de l’OMS sur la médecine traditionnelle a commencé ce mercredi 17 décembre.
– L’agence onusienne va se pencher sur ces pratiques médicinales non conventionnelles.
– Elle devrait utiliser l’IA pour mieux les comprendre.
Ce mercredi 17 décembre a marqué le début du deuxième sommet de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la médecine traditionnelle, aussi appelée médecine douce ou médecine alternative. Le sommet, qui a lieu à New Delhi jusqu’au 19 décembre, a pour ambition de promouvoir scientifiquement certains traitements traditionnels en recourant aux nouvelles technologies, dont l’intelligence artificielle. L’agence espère notamment rendre ces pratiques, comme l’acupuncture, la médecine ayurvédique ou les remèdes à base de plantes, plus compatibles avec les systèmes de santé modernes.
Une grande partie de la population mondiale a recours à la médecine traditionnelle
Si la médecine douce intéresse l’OMS, c’est en partie parce qu’elle « n’appartient pas au passé », explique son chef, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui précise que sa demande « ne cesse de croître à travers les pays, les communautés et les cultures ». Selon Shyama Kuruvilla, la directrice du Centre mondial de médecine traditionnelle de l’OMS, 170 des 194 pays membres de l’OMS déclarent que 40 à 90% de leurs habitants ont recours à la médecine traditionnelle : c’est « une réalité à travers la planète ». « La moitié de la population mondiale n’a pas accès aux services de santé de base, la médecine traditionnelle est souvent l’offre de soin la plus proche, voire la seule disponible pour beaucoup », a -t-elle expliqué à l’AFP.
L’OMS définit cette forme de médecine comme la « somme des connaissances, capacités et pratiques basées sur des théories, croyances et expériences propres à différentes cultures, explicables ou non, utilisées pour entretenir la santé, la prévention, le diagnostic ou le traitement » des maladies. Moins de 1% du financement de la recherche mondiale en matière de santé est actuellement alloué à la médecine traditionnelle, déclare cependant l’OMS.
L’IA utilisée pour aider à comprendre les produits à base de plantes
Aujourd’hui, certaines de ces vertus n’ont jamais été établies de manière scientifique. Pour Shyama Kuruvilla, « le rôle de l’OMS est donc d’aider les pays à veiller à ce que la médecine traditionnelle (…) soit sûre, fondée sur des preuves et intégrée de manière équitable dans les systèmes de santé. » Elle rappelle que « 40% ou plus de la médecine occidentale et des produits pharmaceutiques dérivent de produits naturels », et cite l’aspirine, tirée de formulations utilisant l’écorce du saule, la pilule contraceptive, mise au point à partir de racines d’ignames sauvages, et des traitements contre le cancer chez l’enfant reposant sur la pervenche de Madagascar.
L’OMS devrait profiter de ce sommet pour lancer ce qu’elle présente comme le plus grand répertoire numérique mondial de recherches sur le sujet – une bibliothèque contenant 1,6 million de références scientifiques. La recherche est à « un moment charnière », estime Shyama Kuruvilla, et la technologie, dont l’IA, permet d’appliquer une rigueur scientifique aux remèdes traditionnels. La responsable scientifique de l’OMS, Sylvie Briand, a souligné l’importance du rôle qu’elle pourrait jouer lors d’un point presse avant le sommet : « Elle peut cribler des millions de composés, nous aider à comprendre la structure complexe des produits à base de plantes et à en extraire les constituants pertinents pour maximiser les bénéfices et réduire les effets indésirables. »
En France, un intérêt croissant pour la médecine alternative
En France, seules trois pratiques de médecine non conventionnelles sont reconnues par le Conseil national de l’ordre des médecins : l’acupuncture, l’homéopathie et l’ostéopathie. En 2023, un sondage Odoxa (nouvelle fenêtre) rapportait une forte émergence de ces formes de médecine chez les Français : plus d’une personne sur deux y avait alors recours, majoritairement pour soigner des douleurs chroniques, mais aussi dans une recherche de remèdes naturels. Selon le sondage : « 16% [des Français] ont déjà renoncé à un traitement médical au profit d’une thérapie alternative et ce comportement est plus répandu encore chez les plus jeunes (21% chez les 18-24 ans, 24% chez les 25-34 ans). »
Source : https://www.tf1info.fr/