

Si tous n’ont pas une bonne réputation, certains auraient des effets très positifs à long terme.
Nous possédons tous et toutes un profil olfactif unique, sans doute aussi singulier que le sont nos empreintes digitales. Notre odeur corporelle est influencée par un grand nombre de facteurs, de notre personnalité à notre humeur et à notre état de santé. Beaucoup de ces paramètres échappent à notre contrôle, mais certains sont plus aisément modifiables : c’est le cas de notre alimentation, dont l’impact sur le parfum que nous dégageons est important.
Or notre odeur corporelle affecte la façon dont nous sommes perçus par autrui, et notamment notre pouvoir de séduction. La BBC a donc enquêté sur la manière dont la nourriture fait évoluer notre arôme, donc notre attractivité. Il faut dire que l’alimentation influe sur notre arôme de deux manières, que ce soit par l’intermédiaire de notre système digestif (qui est en partie responsable de notre haleine) ou de notre peau (et plus précisément de notre transpiration, inodore à la base).
Ail, asperges et végétaux
Le média britannique fait remarquer que les aliments les plus odorants ont presque tous un point commun : la présence de soufre. Faut-il pour autant les fuir ? La réponse est étonnante: au contraire, ils auraient plutôt tendance à nous rendre plus attirants. Le brocoli, le chou, le chou de Bruxelles et le chou-fleur, riches en soufre, mais aussi l’ail et l’oignon, auraient ainsi la faculté de faire gagner à notre odeur quelques points de séduction.
L’exemple de l’ail est particulièrement saisissant. S’il donne mauvaise haleine à court terme, le pic étant atteint une demi-heure après ingestion, il rend en revanche la transpiration des aisselles plus attrayante. C’est ce qu’a pu démontrer une équipe de scientifiques qui ont fait sentir à un échantillon de femmes les échantillons de transpiration d’hommes ayant mangé des quantités d’ail plus ou moins importantes.
«Nous avons reproduit cette étude à trois reprises, tant nous avons été surpris», explique Jan Havlíček, le scientifique à l’origine de l’expérience qui étudie l’éthologie humaine et la communication chimique à l’Université Charles (République tchèque). L’ail possédant des propriétés antioxydantes et antimicrobiennes bénéfiques pour la santé, le chercheur suppose que c’est ce qui pourrait rendre l’odeur de ces hommes plus agréable aux femmes.
D’autres végétaux ont un effet bien particulier sur notre odorat, comme l’asperge, qui affecte à la fois le fumet de notre transpiration et celui de notre urine –en tout cas chez environ 90% des individus. La BBC cite également une étude australienne datant de 2017 qui révèle qu’une consommation plus élevée de fruits et de légumes rendrait l’odeur corporelle plus agréable, fruitée, florale et sucrée. Les mêmes travaux de recherche ont permis de montrer que les caroténoïdes (molécules présentes notamment dans les carottes, les citrouilles, les tomates et les papayes) avaient un impact sur la peau de notre visage, rendu ainsi plus attrayant.
D’autres travaux menés par l’équipe de Jan Havlíček, datant de 2006, ont aidé à montrer que les personnes suivant un régime végétarien avaient une odeur considérée comme plus attirante, plus agréable et moins outrageusement forte. En revanche, l’alcool et le café ne font pas de miracle: ils ont notamment tendance à accentuer la mauvaise haleine. Quant aux buveurs de bière, s’ils sont plus attirants que ceux qui consomment de l’eau, c’est uniquement auprès… des moustiques. De quoi se motiver à suivre le «Dry January» ?
Source : https://www.slate.fr/