Hamamélis – Witch-hazel – Hamamelis Virginiana
Description :
Arbuste à la floraison resplendissante, délicieusement parfumée et nectarifère, au feuillage automnal flamboyant, l’Hamamélis offre un spectacle grandiose dès l’automne avec ses magnifiques feuilles rouge pourpre à cuivré et se poursuivant l’hiver avec ses nombreuses fleurs jaunes. L’Hamamélis, très utilisé jadis en médecine amérindienne, est essentiellement utilisé en phytothérapie.

Appartenant à la famille des Hamamélidacées et originaire des forêts humides d’Amérique du Nord, l’hamamélis est un arbuste dont les rameaux, fins et très flexibles, font penser à celles du noisetier. La légende raconte que les premiers colons d’Amérique utilisaient ses branches fourchues comme baguette divinatoire pour trouver les sources d’eau souterraines, d’où son surnom nom de « noisetier des sorcières » ou « witch hazel » en anglais. Les Anglais continuent d’ailleurs à le nommer ainsi (witch hazel). Un glissement linguistique, puisqu’il ne s’agissait pas du tout, à l’origine, de sorcière mais de sourcier.

Élégant et mystérieux, de taille compacte à l’âge adulte et de croissance lente, l’hamamélis possède un joli port dressé, parfois arrondi et étalé aussi large que haut, aux branches ascendantes. Dès que les feuilles tombent, les fleurs originales, à la forme arachnéenne et au parfum délicat et enivrant, de couleurs jaune, orange cuivré ou rouge, éclosent sur le bois âgé d’au moins un an, d’octobre à mars, selon les espèces, avant l’apparition des feuilles. Filiformes, fripées et presque griffues, les fleurs qui constellent les rameaux nus ressemblent à des araignées jaune d’or, grenat ou orangé cuivré et s’épanouissent sur des rameaux dénudés, d’où l’appellation poétique d’« arbre aux araignées d’or ». Constituées de 4 pétales en lanières parfois torsadées, de 1 à 2 cm de long, elles sont groupées en bouquets denses comme des pompons flamboyants. Elles exhalent un parfum enivrant de jacinthe, de narcisse, de citron, de miel ou encore de thé.


Les feuilles larges, ovales, dentées ou crénelées, ressemblent à celles du noisetier, avec des nervures parallèles bien marquées et un aspect un peu froissé, parfois légèrement velouté au revers, mesurent de 6 à 15 cm de long, selon les espèces. D’un vert vif ou pourpre au printemps, puis citron virant au vert bronze en été, elles se parent en automne de nuances de jaune, d’orange cannelle, de brique, de rouge vif ou de cuivre.



Le fruit de l’hamamélis est une capsule qui s’ouvre brusquement en libérant ses graines par projection. Chaque capsule contient 2 graines noires qui atteignent leur maturité au moment de la floraison suivante. Les capsules peuvent persister plusieurs années sur les rameaux après avoir libéré leurs graines. Notez que seules les graines de Hamamelis virginiana sont oléagineuses et comestibles.



Si l’Hamamélis, utilisé en homéopathie et en phytothérapie, est réputé pour ses propriétés bienfaisantes, ce petit arbuste à floraison hivernale reste assez méconnu. C’est l’un des rares arbustes à fleurir au cœur de l’hiver.
L’Hamamélis était utilisé comme plante médicinale par les tribus amérindiennes pour différents soins. Les Amérindiens transmirent plus tard ces usages aux colons. Progressivement, les propriétés médicinales de l’Hamamélis se répandirent en Amérique du Nord. Il connut ses heures de gloires lorsqu’on l’intégra dans les lotions à barbe pour diminuer l‘inflammation de la peau et les petites coupures liées à l’usage des rasoirs.
De nos jours, l’Hamamélis est largement cultivé pour son écorce et ses feuilles qui entrent dans la composition de nombreux produits de phytothérapie. L’eau d’hamamélis est présente dans de nombreux cosmétiques pour ses effets apaisants sur les inflammations de la peau.
Fiche technique :
Nom(s) commun(s) : Hamamélis, Noisetier des sorcières
Étymologie : Le nom « hamamélis » vient du grec « hama » qui signifie « en même temps » et « mêlo » signifiant « pomme » ou « fruit », en référence au fait que les fruits et les feuilles soient présents au même moment sur l’arbre
Autre(s) nom(s) : Noisetier des sorcières, arbre aux araignées d’or, Café du diable, Witch hazel (anglais)
Nom(s) scientifique(s) : Hamamelis Virginiana
Ordre : Saxifragales
Famille botanique : Hamamélidacées (Hamamelidaceae)
Origine : Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada)
Partie(s) utilisée(s) : Feuilles et écorces
Saveur : L’extrait sec est inodore et sa saveur est légèrement amère et astringente
Biotope : L’Hamamélis pousse à l’état sauvage dans les bois humides. Cet arbuste les sols bien drainés et pousse dans les zones mi-ombre et en plein soleil
Propriétés de la plante : Médicinale
Feuilles : Les feuilles sont alternes, entières, ovales, minces, légèrement coriaces mais flexibles et asymétriques à la base, dentées ou à dents sinuées, avec une nervure pennée proéminente en dessous de couleur vert foncé sur la surface supérieure et d’un gris vert clair brillant en bas
Feuillage : Caduc (perd son feuillage en hiver)
Fleurs : Les fleurs unisexes, petites et très odorantes, en grappes axillaires, possèdent 4 pétales en forme de ruban de couleur jaune vif de 5 à 6 cm. Elles ne germent qu’en automne
Période de floraison : D’octobre à novembre
Fructification : Automne
Fruit : Petite capsule entourée à la base par le calice
Couleurs des fruits : Bruns
Dimensions : 2 à 5 m de hauteur, pour un étalement similaire
Reproduction et multiplication : L’Hamamélis est une plante difficile à multiplier. La germination des graines est très lente, le bouturage aléatoire, c’est pourquoi la plupart des plants du commerce sont obtenus par greffage. Les Hamamélis greffés sont vendus à un âge avancé, car leur croissance est lente.
Période de plantation : La plantation de l’Hamamélis se fait de préférence à l’automne afin de favoriser l’enracinement avant l’hiver.
Croissance : Lente
Exposition : Mi-ombre, ensoleillée
Rusticité :
– Sol : Type de sol acide (terre de bruyère) à neutre. Appréciant les terres acides, on l’associe facilement avec des plantes de terre de bruyère à floraison hivernale comme le camélia, les azalées, les rhododendrons nains, les sarcococcas ou les daphnés.Cet arbuste craint les sols calcaires (certaines espèces comme Hamamelis mollis y sont plus tolérantes). Il est en revanche particulièrement résistant à la pollution, donc bien adaptés à l’atmosphère urbaine des jardins de ville
– Type de végétation : Arbustes caducs
– Rusticité : Rusticité au-delà de – 20 ° C, – 35 ° C pour l’Hamamelis virginiana
Maladies/Ravageurs : Bien que peu inquiété par les insectes ravageurs ou parasites, l’hamamélis montre une sensibilité aux maladies suivantes :
– L’armillaire ;
– Le Phytophtora ;
– L’oïdium ;
– Le corail.
Récolte : Les parties utilisées de cette plante sont les feuilles et l’écorce. Les feuilles sont récoltées au cours de l’été, avant leur brunissement.
Composition de l’Hamamélis :
Les feuilles et l’écorce de l’hamamélis sont surtout reconnus pour leur très grande richesse en flavonoïdes et en tanins, avec jusqu’à 3% dans ses feuilles et jusqu’à 12% dans son écorce. Il s’agit de :
– tanins ellagiques avec beaucoup d’hamamélitanin (surtout dans l’écorce) et du pentagalloylglucose,
– tanins catéchiques avec la catéchine et ses dérivés (épicatéchine, gallocatéchine, épigallocatéchine),
– proanthocyanidols, procyanidols et polymères condensés de procyanidols-prodelphinidols (en grande concentration dans les feuilles).
L’Hamamélis contient également des flavonoïdes avec les flavonols tels que les dérivés de la myricitrine, de l’isoquercitrine, du kaempférol et du quercétol. On retrouve aussi des acides phénols avec l’acide gallique, l’acide caféique et l’acide quinique et une petite part d’huile essentielle.
Autres :
Comment utiliser l’hamamélis ?
Formes et dosage de l’hamamélis
L’hamamélis se présente sous plusieurs formes : en tisane (feuilles et d’écorce séchées), en teinture, en extrait sec (conditionné en gélule ou en comprimé) en bains de bouche, en gels et en suppositoires. On le retrouve aussi en crème, pommade, gel ophtalmique et en distillat « l’eau d’hamamélis » qui doit impérativement être réservé au traitement local.
Les infusions se font à la dose de 5 à 10 g de plante sèche par litre d’eau bouillante infusée pendant cinq à dix minutes. Cette infusion peut être bue (une à deux tasses par jour) ou appliquée localement sur la peau et les hémorroïdes, ou utilisée en bains de bouche.
L’Hamamélis est largement utilisé en cosmétique, notamment sous forme d’une eau florale. L’eau florale, ou hydrolat, est la phase aqueuse après la production d’une huile essentielle. On retrouve l’Hamamélis dans les démaquillants, les sérums, les lotions et les soins du visage.
Synthèse par : Hamdane ALLALOU
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