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Flavonoïde : qu’est-ce que c’est ?

Les flavonoïdes sont des pigments végétaux de la famille des polyphénols qui sont responsables de la coloration des fleurs et des fruits. Ils donnent souvent une coloration jaune. Du point de vue chimique, ils possèdent deux cycles benzéniques. Les flavonoïdes ont été découverts par Albert Szent-Györgyi (prix Nobel de physiologie ou médecine 1937).
Bienfaits des flavonoïdes
Les bienfaits des flavonoïdes seraient nombreux. Ils sont connus pour :
– leurs propriétés antioxydantes ;
– leurs propriétés anticancéreuses ;
– ils permettraient aussi de lutter contre les maladies cardiovasculaires. Par exemple, les flavanols du cacao favorisent une bonne santé des vaisseaux sanguins.
Les flavonoïdes exercent une action bénéfique sur l’organisme en agissant à différents niveaux cellulaires. Leur capacité à neutraliser les radicaux libres générés par le métabolisme cellulaire contribue à réduire les processus de stress oxydatif qui sont à l’origine du vieillissement prématuré des tissus et de nombreuses maladies dégénératives. Certaines études scientifiques ont mis en évidence le rôle protecteur des flavonoïdes face à l’inflammation chronique en modulant l’activité de plusieurs enzymes et en freinant la production de médiateurs inflammatoires. Cette propriété explique en partie leur utilisation dans la prévention de pathologies telles que les maladies cardiovasculaires, mais également certaines maladies neurodégénératives. Les maladies neurodégénératives peuvent toucher l’ensemble du système nerveux, du cerveau jusqu’aux nerfs, en passant par la moelle épinière. Elles sont le plus souvent irréversibles.
Outre leur effet antioxydant, les flavonoïdes présentent un mécanisme d’action dans la prévention du cancer. Ils interfèrent avec différentes étapes du développement tumoral, en ralentissant la prolifération cellulaire, en facilitant l’apoptose — ou mort cellulaire programmée — et en limitant la formation de nouveaux vaisseaux sanguins au sein des tumeurs, un phénomène appelé angiogenèse. Ces molécules bioactives contribuent aussi à la détoxification de substances cancérigènes et favorisent la réparation de l’ADN. L’ensemble de ces fonctions fait des flavonoïdes des alliés de premier plan dans la lutte contre l’apparition de nombreux types de cancer, selon les résultats de recherches menées en laboratoire et sur modèles animaux.
Les bienfaits des flavonoïdes ne se limitent pas à une action préventive des maladies ; ils peuvent également améliorer le bien-être général. Ainsi, des travaux laissent entendre qu’une consommation régulière d’aliments riches en flavonoïdes favorise la relaxation des vaisseaux sanguins, abaisse la tension artérielle et réduit le taux de mauvais cholestérol circulant, ce qui contribue à la santé du système cardiovasculaire. Enfin, leur implication dans le métabolisme des neurotransmetteurs élargit leur champ d’action potentiel à la prévention de troubles cognitifs, comme ceux liés à l’âge ou aux maladies neurodégénératives, telle que la maladie d’Alzheimer.
Aliments riches en flavonoïdes
Les flavonoïdes sont présents dans de nombreuses plantes comme :
– le thé,
– le raisin,
– les oignons
– les pommes,
– le cacao,
– la grenade,
– le cassis,
– les fraises,
– les myrtilles,
– le café,
– le soja.
L’alimentation végétale constitue la principale source naturelle de flavonoïdes pour l’être humain. Ces composés se répartissent de façon très variable selon les espèces végétales, la partie de la plante consommée, le stade de maturité, mais aussi les conditions de culture ou de stockage. La concentration en flavonoïdes tend à être particulièrement élevée dans la peau des fruits rouges, tels que les mûres, les myrtilles et le raisin, ainsi que dans certains légumes comme le brocoli, l’oignon ou le poivron. Les boissons issues de ces plantes, comme le thé vert, le vin rouge ou le jus de grenade, sont également reconnues pour leur richesse en polyphénols, dont une grande proportion appartient à la classe des flavonoïdes.
La diversité des sources alimentaires de flavonoïdes permet d’intégrer facilement ces composés dans une alimentation équilibrée. Ils sont présents aussi bien dans les produits frais, tels que les fruits, légumes, herbes aromatiques, que dans diverses boissons, notamment le thé, le café ou même certaines bières artisanales élaborées à partir d’ingrédients spécifiques. Le mode de préparation des aliments influence néanmoins la teneur en flavonoïdes disponible. Une cuisson douce ou la consommation crue des végétaux favorise une meilleure conservation de ces substances, tandis que les traitements thermiques prolongés tendent à altérer leur structure chimique et, par conséquent, leur efficacité biologique.
Pour bénéficier au mieux des vertus nutritionnelles des flavonoïdes, il est recommandé de varier les types de fruits et légumes consommés au quotidien. Inclure, par exemple, des petits fruits rouges, des agrumes, des pommes ou du cacao dans son alimentation, permet de varier les apports en différents sous-groupes de flavonoïdes, tous dotés de fonctions physiologiques spécifiques. La complémentarité de ces apports contribue à renforcer l’efficacité globale de ces antioxydants naturels dans la défense contre les agressions oxydatives et l’amélioration du métabolisme cellulaire.
Types de flavonoïdes et où les trouver
Parmi ces flavonoïdes se trouvent, par exemple :
– les catéchines du thé vert : l’épigallocatéchine gallate (EGCG),
– les flavanols du cacao,
– les isoflavones du soja,
– la quercétine de l’oignon,
– le resvératrol (la peau des raisins contient du resvératrol) des raisins noirs,
– la fisétine des fraises.
La grande famille des flavonoïdes se subdivise en de nombreux sous-groupes, chacun étant caractérisé par des propriétés et une structure chimique distinctes. Parmi les principaux, on peut citer les flavonols, présents dans les oignons et les pommes ; les flavones, contenus dans le persil ou le céleri ; les flavanones, que l’on retrouve dans les agrumes ; les anthocyanes, responsables de la teinte rouge, pourpre ou bleue de nombreux fruits tels que la myrtille ou le cassis ; ainsi que les isoflavones, typiques du soja et des légumineuses. Chacun de ces sous-groupes présente un intérêt particulier en raison de la complémentarité ou de la spécialisation de leurs effets sur l’organisme.
Les catéchines du thé vert, dont l’EGCG, figurent parmi les flavonoïdes les plus étudiés pour leurs effets antioxydants puissants. Ces molécules participent activement à la neutralisation des radicaux libres et à la protection des membranes cellulaires contre l’oxydation. Les flavanols du cacao, eux, se distinguent par leur rôle favorable sur la circulation sanguine et la santé cardiovasculaire, ce qui explique l’intérêt porté au chocolat noir dans le cadre de la prévention des maladies cardiaques. Les isoflavones du soja, ainsi que les lignanes, intéressent particulièrement la recherche médicale en raison de leur action modératrice sur les hormones, notamment chez la femme ménopausée, et leur contribution possible à la prévention de certains cancers hormono-dépendants. Les anthocyanes, quant à elles, se révèlent essentielles dans la protection du système visuel et du cerveau contre les effets du vieillissement, grâce à leur capacité à franchir la barrière hémato-encéphalique et à exercer leur effet antioxydant au niveau du tissu nerveux.
Recherche scientifique et perspectives autour des flavonoïdes
Les investigations scientifiques menées sur les flavonoïdes ne cessent de s’approfondir à mesure que progressent les techniques d’analyse et la compréhension des phénomènes biologiques complexes impliqués dans la santé humaine. Les chercheurs s’intéressent désormais à la biodisponibilité de ces molécules, c’est-à-dire leur capacité à être absorbées et utilisées efficacement par l’organisme, car cette variable determine l’impact réel des flavonoïdes issus de l’alimentation sur la prévention des maladies. De nombreuses études ont mis en évidence que certains flavonoïdes, comme la quercétine ou le resvératrol, voient leur absorption favorisée lorsqu’ils sont consommés avec des lipides ou d’autres composés alimentaires, ce qui ouvre la voie à de nouvelles recommandations nutritionnelles et stratégies alimentaires pour potentialiser leurs effets bénéfiques.
La recherche sur les flavonoïdes s’oriente également vers l’élucidation de leur rôle dans la modulation du microbiote, ce vaste ensemble de micro-organismes vivant dans le tube digestif. Il a été démontré que la transformation des flavonoïdes par les bactéries intestinales contribue à la formation de métabolites actifs susceptibles d’exercer des effets protecteurs à distance, au-delà du seul tractus digestif. Les liens qui unissent les flavonoïdes, l’équilibre du microbiote et la prévention des affections métaboliques ou inflammatoires constituent ainsi un axe majeur des recherches actuelles.
Les applications potentielles des flavonoïdes dépassent la seule sphère de la prévention nutritionnelle. Dans le domaine médical, certaines molécules de cette famille sont désormais envisagées comme modèles pour la conception de nouveaux agents thérapeutiques, en particulier dans le traitement de pathologies chroniques ou dégénératives. La possibilité de coupler les flavonoïdes à d’autres principes actifs afin d’en amplifier l’effet protecteur, ou de cibler plus précisément certains tissus ou organes, alimente des perspectives intéressantes en matière de recherche pharmaceutique et de développement de compléments alimentaires innovants.
Source : https://www.futura-sciences.com/