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Faux-fruit sacré aux secrets bien cachés : ce que la figue raconte depuis l’Antiquité

Douce et sucrée, la figue cache bien des secrets. Derrière sa peau fine et son cœur moelleux se dissimule une histoire millénaire et une biologie étonnante. Faux-fruit, vraie énigme botanique, elle intrigue autant qu’elle régale. Et si la figue était bien plus qu’un simple fruit d’été ? Préparez-vous à plonger dans l’univers fascinant de cette gourmandise méditerranéenne !
La prochaine fois que vous dégusterez une figue, nul doute que vous ne la regarderez plus comme un simple fruit sucré qui croque délicatement sous la dent… On parie ?
Un faux-fruit meurtrier !
Avez-vous déjà remarqué que les figuiers ne fleurissent pas ? Enfin, pas comme les pommiers, les cerisiers ou d’autres arbres fruitiers communs de nos terroirs. Et pour cause ! La figue est la « fleur » du figuier et se nomme sycone. Ce dernier est une forme d’inflorescence que l’on retrouve chez certains arbres de la famille des ficus.
Cette fausse-fleur ou fleur inversée est fécondée par une minuscule guêpe spécifique à son espèce, le blastophage, qui pénètre à l’intérieur, permettant le développement des « vrais » fruits que sont les petites graines. Mais lors de cette pollinisation, l’hyménoptère meurt, prisonnier à l’intérieur de la figue, car ses ailes et ses antennes se sont brisées. Et si vous n’en remarquez pas la trace en croquant dans une figue, c’est que les enzymes sécrétés par cette dernière auront bien effectué leur travail de digestion !

La gourmandise de Cléopâtre et de Louis XIV, mais pas seulement
La figue possède une place particulière dans l’histoire et ce, depuis des siècles. Il s’agit même d’un fruit biblique à l’instar de la vigne, de l’olive ou de la pomme, des symboles utilisés pour expliquer certaines histoires dans les Évangiles. La figue y est à la fois décrite comme un signe de bonheur et de prospérité, mais peut aussi être maudite. Quoi qu’il en soit, le fruit comme l’arbre restent empreints de sens.
En Égypte Antique, la figue était très employée, d’abord pour réaliser des boissons et des produits pharmaceutiques, mais elle était aussi grandement consommée. Cléopâtre en raffolait, à tel point qu’elle se serait donné la mort en offrant son bras à la morsure d’un cobra, caché dans un panier de figues. Dans la Grèce Antique, ce fruit était considéré comme un don de la déesse des moissons Déméter, dédié – avec la vigne – au dieu du vin Dionysos et recommandé aux athlètes pour ses vertus nutritives.
Plus récemment, Louis XIV aurait sommé son jardinier de planter 700 figuiers de diverses variétés dans son verger à Versailles, un vrai fan de la première heure !

Une correspondance entre la figue et le foie
Restons dans la Grèce antique où la figue était utilisée pour engraisser les oies dont les foies étaient déjà consommés. Comme l’explique l’Académie française, ce foie farci aux figues était appelé « hêpar sukôton », une expression qui a donné hépatite, hépatologie, etc.
Les Romains ont ensuite emprunté ce nom aux Grecs, qu’ils ont traduit par « jecur ficatum », un adjectif qui devint un nom, « ficatum », et a fini par donner le foie. La boucle est bouclée !

La figue, un panaché de couleurs
Imaginer qu’une figure verte n’est pas mûre est une idée reçue ! La figue revêt de nombreuses robes qui, si elles sont répertoriées en trois catégories distinctes – figues blanches, figues violettes, figues grises -, sont blanches, vertes, violettes, noires ou encore rouges.

La chair s’avère, elle aussi, bien différente selon les variétés, du rouge presque noir au rose soutenu en passant par le violet et du jaune pâle au beige rosé jusqu’au brun pâle. Unifère, le figuier donnera une fois dans l’année et bifère, il fleurira au printemps et en automne, de quoi se régaler une bonne partie de l’année !
Un super-aliment pour la santé
On ne compte plus la teneur en nutriments de la figue, qu’elle soit crue ou sèche. Elle est riche en minéraux et vitamines, est source de fibres facilitant la digestion et le transit et est vraiment peu calorique avec moins de 70 kcal pour 100 grammes. Elle possède plus de 80 % d’eau et contient de bonnes quantités de potassium, de vitamine B9 et d’antioxydants. Toutes ces qualités évoluent lorsque le fruit va mûrir, voire sécher.

La figue sèche est ainsi plus sucrée, donc plus énergétique – environ 250 calories pour 100 grammes – et possède davantage de fibres – 9,8 grammes environ pour 100 grammes contre plus de 2,5 si elle est crue. Idéale pour un encas sain !
Source : https://www.futura-sciences.com/