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Ce nutriment bien connu pourrait réduire le risque de cancer du côlon, mais pas chez tout le monde

Un simple nutriment, déjà présent dans notre alimentation, pourrait aider certaines bactéries de l’intestin à freiner le développement du cancer colorectal. Cette découverte ouvre la voie à une prévention plus personnalisée et ciblée. Mais attention, son effet n’est pas le même pour tout le monde.
Malgré les campagnes de dépistage et l’augmentation du recours à la coloscopie, le cancer du côlon continue de faire des ravages, en étant responsable de plus de 17 000 décès par an.
Face à ce constat, les chercheurs explorent sans relâche de nouvelles stratégies de prévention. Parmi elles, une étude récente menée par le Vanderbilt University Medical Center (VUMC) attire l’attention : elle suggère qu’un simple nutriment, bien connu de tous, pourrait aider certaines bactéries de l’intestin à bloquer le développement du cancer colorectal. Mais – car il y a un mais – cela ne serait possible que chez certaines personnes.
Comment un nutriment agit sur nos intestins et la vitamine D ?
Dans cette étude, publiée récemment dans The American Journal of Clinical Nutrition, les chercheurs ont recruté 240 participants ayant déjà présenté des polypes colorectaux. Pendant 12 semaines, certains ont reçu des suppléments de magnésium, tandis que d’autres prenaient un placebo. La dose était adaptée à leur poids et à leur ratio calcium/magnésium.
Les scientifiques ont analysé les bactéries intestinales à partir d’échantillons de selles, de tissus rectaux et de sang. Ils se sont concentrés sur deux bactéries spécifiques, Carnobacterium maltaromaticum et Faecalibacterium prausnitzii, connues pour leur rôle protecteur contre la formation de polypes et leur capacité à produire de la vitamine D directement dans l’intestin. Cette vitamine D locale n’augmente pas les niveaux sanguins, mais agit sur place pour réguler la croissance des cellules intestinales et limiter la formation de polypes, premiers signes du cancer colorectal.
Comme le résume le professeur Qi Dai, auteur principal de l’étude : « La supplémentation en magnésium augmente la flore intestinale qui synthétise la vitamine D dans l’intestin et peut ainsi inhiber localement le développement du cancer colorectal. »

Magnésium et prévention du cancer colorectal : qui en bénéficie vraiment ?
Tous les participants n’ont pas réagi de la même façon. Le gène TRPM7, qui contrôle l’entrée du magnésium dans les cellules, semble jouer un rôle clé. Les participants présentant une fonction TRPM7 adéquate ont vu leurs bactéries intestinales protectrices augmenter, avec plus de vitamine D locale. À l’inverse, ceux avec une fonction TRPM7 inadéquate ont parfois vu une réduction de F. prausnitzii dans la muqueuse rectale.
L’effet était aussi plus marqué chez les femmes, probablement grâce aux œstrogènes qui facilitent le passage du magnésium dans les cellules, amplifiant ainsi la synthèse locale de vitamine D par le microbiote.
Ces résultats confirment que la supplémentation en magnésium pourrait réduire le risque de cancer colorectal, mais seulement chez certaines personnes, selon leur profil génétique et leur sexe.
Vers une prévention personnalisée du cancer colorectal
Comme le rappellent les auteurs, les résultats doivent être interprétés avec prudence. L’essai était limité à 12 semaines et concernait un groupe relativement homogène de participants, âgés, principalement blancs et originaires du Tennessee. En outre, il n’a pas permis d’identifier toutes les souches bactériennes responsables des effets observés.
Pour l’avenir, la prévention du cancer colorectal pourrait devenir plus ciblée et personnalisée, combinant nutriments, microbiote et génétique.
« Nos travaux ouvrent la voie à une stratégie de nutrition de précision, où des tests génétiques pourraient déterminer qui bénéficie le plus d’un apport en magnésium », conclut l’équipe du VUMC.
Source : https://www.futura-sciences.com/