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Un « sixième sens » caché, permettrait au cerveau et aux intestins de communiquer en temps réel

Sans que l’on s’en rende compte, un sixième sens pourrait agir discrètement dans les profondeurs de notre ventre. Des scientifiques américains révèlent qu’il pourrait permettre une communication direct entre les intestins et le cerveau.
La vue, l’odorat, l’ouïe, le goût et le toucher sont les 5 sens connus de l’être humain. Pourtant, nos sensations sont bien plus complexes. Nous avons par exemple la capacité de nous repérer dans l’espace. Un sens qui paraît banal mais qui, une fois perdu, entraînerait bien plus que de simples problèmes d’équilibre.
Dans une nouvelle étude, des scientifiques de l’Université Duke, en Caroline du Nord, suggèrent qu’un autre sens, insoupçonné, se logerait peut-être dans un endroit étonnant : nos intestins.
Une « autoroute » d’informations entre les intestins et le cerveau
Le ventre est souvent qualifié de « deuxième cerveau ». Pour cause, nous savons depuis maintenant plusieurs années qu’il contient quelque 500 millions de neurones. Mais il semblerait également qu’il soit intimement connecté avec son homologue. D’après l’étude, les milliards de bactéries présentes dans nos intestins ne se contentent pas de réguler notre digestion, mais influencent également nos comportements alimentaires.
Dans ce microbiome, les flagelles bactériens (la queue que les bactéries utilisent pour se déplacer) libèrent une protéine appelée « flagelline ». Les chercheurs affirment que les neurones qu’abritent nos intestins se servent de cette protéine pour transmettre au cerveau la sensation de faim et de satiété. Ce processus repose sur un récepteur spécifique, appelé TLR5 (pour « Toll-Like Receptor 5 »), situé sur certaines cellules nerveuses intestinales, appelées neuropodes.
Lorsqu’il détecte la flagelline, ce récepteur déclenche une impulsion nerveuse qui emprunte le nerf vague – le plus long du système nerveux – pour atteindre le cerveau. Une véritable « autoroute du corps humain », comme le décrit Popular Mechanics.
Aussi, les chercheurs suggèrent que le corps peut réagir aux messages des intestins non seulement par une réponse immunitaire ou inflammatoire, mais aussi par une réponse neuronale, capable d’influencer nos comportements alimentaires en temps réel.
Vers une meilleure compréhension de notre rapport à l’alimentation
Pour vérifier leur hypothèse, les chercheurs ont fait jeûner des souris, puis leur ont injecté de la flagelline dans le côlon. Résultat : les souris dotées du récepteur TLR5 ont réduit leur consommation de nourriture, comme si elles se sentaient rassasiées.
À l’inverse, celles qui ne possédaient pas ce récepteur ont continué à manger normalement et ont rapidement pris du poids, ce qui montre que ce signal microbien influence directement la sensation de satiété. Par conséquent, l’étude affirme que l’être humain pourrait avoir un sixième sens appelé le « sens neurobiotique », qui nous permettrait d’adapter nos comportements alimentaires en fonction des signaux émis par les bactéries de nos intestins.
Prochaine étape pour les chercheurs : comprendre plus profondément les mécanismes par lesquels le microbiome influence nos sensations alimentaires. D’après Diego Bohórquez, auteur principal de l’étude, ces recherches pourraient constituer « une pièce clé du puzzle », pour étudier certaines pathologies comme l’obésité ou les troubles du comportement alimentaire.
Source : https://www.geo.fr/