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Un réseau plus intelligent qu’on ne le pensait se cache dans la forêt

On s’interroge plus souvent sur la toxicité d’un champignon que sur son intelligence et pourtant, sous terre, ils construisent un véritable réseau qui n’a pas fini de nous étonner.
Est-ce qu’il faut nécessairement un cerveau pour faire preuve d’intelligence ? C’est la question que se posent les chercheurs face aux champignons. Un pied supplanté d’un chapeau. Voilà la première image qui nous vient en tête lorsqu’on nous parle de champignons. Pourtant, sous la surface, ils sont bien plus complexes. À l’instar des racines chez les végétaux, les champignons possèdent une partie souterraine appelée mycélium, à ceci près que ces filaments enchevêtrés peuvent s’étendre sur des kilomètres.
Et ce réseau est étonnant. Tout d’abord, il possède la même structure que les neurones. Mais ce n’est pas tout. Dès les années 1980, les scientifiques ont découvert qu’il pouvait être parcouru de courants électriques. Plus encore, les filaments sont entourés de protéines qui jouent le rôle de gaine isolante, de façon similaire à la myéline qui entoure l’axone des neurones. Les impulsions électriques varient si le champignon se trouve en présence de nourriture mais aussi d’autres facteurs environnementaux. Des chercheurs ont même observé des pleurotes réagir à des hormones humaines comme le cortisol.
Face à ces observations, une idée a émergé : et si on utilisait les champignons dans les circuits électroniques ? L’an dernier, une équipe de l’université de Cornell a utilisé des champignons pour créer un robot plus durable. Un réseau mycélien était relié à des électrodes afin que les impulsions électriques puissent être communiquées à un ordinateur. Celles-ci étaient transformées en commandes digitales envoyées aux valves et aux moteurs du robot afin de lui indiquer un déplacement, par exemple.
Chez les champignons, l’exploration n’est pas laissée au hasard
Dans la nature, les champignons sont les champions d’une colonisation efficace de l’espace. Des chercheurs de l’Université de Tohoku et du Nagaoka College, au Japon, ont étudié la manière dont un réseau de mycélium s’étend à partir de deux situations différentes. Des blocs de bois contenant des spores ont été disposés en croix ou en cercle. Dans le premier cas, le degré de connexion était plus élevé entre les quatre blocs situés à l’extérieur. Ces blocs périphériques serviraient de « postes avancés » pour le réseau mycélien afin de lancer des explorations à la recherche de nouvelles ressources. Dans la disposition en cercle, le centre du cercle demeurait dégagé : le réseau mycélien semblait ne pas voir d’intérêt à s’étendre dans une zone déjà bien colonisée.

Des adaptations impressionnantes ont aussi été observées dans le cas de la coopération entre les végétaux et les champignons. Les champignons adaptent les routes d’échange de nutriments, créent des boucles pour raccourcir certains trajets, régulent la vitesse des échanges. Ils créent ainsi de véritables autoroutes fongiques !
Capable de s’adapter à leur environnement, de coopérer avec d’autres organismes, de traiter des informations… Le mycélium agit comme un véritable système nerveux souterrain qui nous oblige à repenser la conception d’intelligence.
Source : https://www.futura-sciences.com/