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Un nouvel envahisseur débarque en France et inquiète déjà les autorités : il menace plus de 400 plantes !

Vous connaissiez la coccinelle et le frelon asiatiques, deux espèces qui bouleversaient déjà notre écosystème. Un autre petit coléoptère fait son apparition en France. Et lui aussi pourrait bien devenir la bête noire de nos espaces verts. Découvrez ce nouvel insecte ravageur des jardins !
La coccinelle asiatique s’en prend à sa cousine européenne et ne se prive pas de manger ses larves, mais aussi d’autres insectes auxiliaires. Le frelon asiatique, lui, cible les abeilles domestiques, d’autres pollinisateurs et cause des dégâts dans les jardins. Ces deux ravageurs déséquilibrent la biodiversité et voilà que le scarabée japonais s’en mêle…
Qui est le scarabée japonais ?
Paré de sa robe colorée et luisante, il paraît bien inoffensif, pourtant ce scarabée n’a rien d’un auxiliaire des jardins ! La tête et le thorax du Popillia japonica sont vert métallisé et ses ailes, brun cuivré, un habit qui le rend facilement reconnaissable bien qu’il puisse être confondu avec le hanneton ou la cétoine.
Mais le détail qui le distingue grandement des autres espèces se trouve au niveau de son abdomen comme le précise l’Institut national de la recherche agronomique (Inrae) : des « rangées de soies blanches […] apparaissent de dessus sous forme de touffes blanches très caractéristiques ». De taille moyenne, ce coléoptère mesure environ 10 millimètres de long et 6 millimètres de large.

Un scarabée particulièrement vorace
Ce qui rend le scarabée japonais particulièrement redoutable, c’est son caractère extrêmement polyphage. Selon un rapport évaluant les risques encourus pour la France et produit par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), le coléoptère est capable de s’attaquer à plus de 404 plantes hôtes (selon d’autres études, ses plantes hôtes seraient au nombre de 300), il constitue une réelle menace pour nos cultures françaises.
Des vignes aux vergers, en passant par les forêts ou les pelouses, aucun végétal n’est épargné : adulte, il dévore tout sur son passage, laissant derrière lui des feuillages « en dentelle ». À l’état larvaire, il n’en demeure pas moins innocent : il s’empiffre des racines de toutes les espèces qui constituent son alimentation une fois adulte, provoquant le dépérissement des plantes.

Les raisons de sa venue en France
Le scarabée japonais est surveillé depuis de nombreuses années par les autorités compétentes. Arrivé par inadvertance au début du XXe siècle aux États-Unis, le nouvel envahisseur asiatique a d’abord colonisé la côte Est.
Touchant l’Europe, il a été identifié pour la première fois en 2014 en Italie (régions du Piémont et de la Lombardie), puis en 2017 en Suisse. Les dégâts causés par le coléoptère dans ces deux pays ont été considérables pour les cultures.

Dans son rapport de 2022, l’Anses annonçait qu’une « entrée en France est très probable et les conditions environnementales lui sont favorables ». Il faut savoir que, outre la proximité de l’Italie et de la Suisse avec la France, le scarabée japonais peut être déplacé via n’importe quel support et pas seulement en étant transporté par le biais de végétaux dont il se nourrit.
Le premier signalement français
En 2022, l’Anses estimait que la « dissémination naturelle de P. japonica est considérée comme haute », et qu’elle « pourrait être de l’ordre de 10 km/an ».
L’organisme a vu juste puisque le 8 juillet dernier, la Préfecture de la région Grand Est communiquait sur la détection des deux premiers spécimens « capturés dans des pièges situés à Mulhouse et à Saint-Hippolyte dans le Haut-Rhin » les 1er et 2 juillet 2025. Ce repérage n’est en rien un hasard, il résulte d’un réseau de surveillance méticuleux mis en place par la Direction régionale de l’Alimentation de l’Agriculture et de la Forêt (Draaf) Grand Est, consciente de la menace imminente de l’insecte métallisé sur nos territoires.———-5

Ces premiers « auto-stoppeurs » (surnom attribué à ce scarabée pour sa capacité à voyager sur tout type de support) ont probablement bénéficié d’un transport par train, camion ou voiture depuis les zones infestées voisines. Classé « organisme de quarantaine prioritaire au sein de l’Union européenne », il fait partie des 20 espèces les plus menaçantes pour notre biodiversité.
La prudence est donc de mise pour préserver l’écosystème européen car le petit envahisseur s’avère redoutable !
Source : https://www.futura-sciences.com/