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Présent partout dans l’eau et les aliments, ce PFAS peut nuire aux fœtus

Le plus petit des PFAS pourrait prochainement entrer dans la liste européenne des produits chimiques reprotoxiques. Les ONG alertent depuis des années sur la contamination large de l’eau et des aliments par ce polluant éternel.
Le plus petit des PFAS, l’acide trifluoroacétique (TFA), pourrait être prochainement reconnu au niveau européen parmi les produits chimiques toxiques. C’est tout l’enjeu des évaluations en cours : un avis rendu par l’Agence européenne de la sécurité alimentaire (Efsa) — dont la mise en consultation publique s’est achevée le 22 septembre — estime que le TFA serait reprotoxique puisqu’il nuirait au développement des fœtus. Un avis partagé par l’Allemagne qui a également proposé à l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) de classer ces TFA comme substance présumée toxique pour la reproduction humaine. L’avis définitif de l’Efsa, attendu pour février 2026, est l’objet d’âpres discussions, les ONG environnementales le trouvant trop timoré.
L’ajout du TFA à la liste des vingt PFAS déjà surveillés en Europe est réclamé par les ONG environnementales, dont Générations futures qui documentent ces dernières années la contamination large de notre environnement par ce polluant éternel. En 2024, un rapport avait montré que la trentaine d’échantillons de points d’eau de surface et sous-terrains analysés en Europe contiennent tous du TFA.
Pour la France, il faudra attendre 2027 pour avoir les résultats de la campagne d’analyse des captages d’eau par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). En attendant, plusieurs régions se sont attelées à chercher le polluant. Et quand on le cherche, on le trouve, comme le montrent les résultats de la métropole du Grand Lyon, en Loire-Atlantique et en Occitanie.
Eau, céréales, vin…
Comme d’autres PFAS, le TFA est aussi retrouvé dans les boissons et dans les aliments. En 2024, une étude de Pesticide Action Network (PAN) a montré que l’eau du robinet et celle en bouteille sont largement contaminées en Europe.
L’ONG a également trouvé la présence de TFA dans les céréales et dans le vin, avec des teneurs parfois très élevées. L’ONG a également montré que la contamination des produits issus de l’agriculture biologique est beaucoup plus faible. Cette différence s’explique par l’utilisation de pesticides fluorés, des PFAS qui se décomposent ensuite en TFA.
Le TFA vient en effet de la dégradation de plusieurs milliers de PFAS rejetés dans l’environnement. L’usage croissant de toutes ces substances depuis une vingtaine d’années explique l’augmentation alarmante de la contamination de tous les milieux (eau, sol, végétaux), alertent les ONG. Les pesticides fluorés seraient la première cause de la pollution de l’eau par les TFA, selon un rapport de l’Agence de l’environnement allemande.
Écotoxicité
Concernant les dangers, un consensus scientifique établit la toxicité sur la reproduction et sur le foie. Mais alors que les études toxicologiques se multiplient, la liste devrait s’allonger.
En analysant les deux avis européens, Générations futures trouve déjà des « effets toxiques bien plus larges », avec de premières observations chez les rongeurs montrant des effets sur la thyroïde, la réponse immunitaire et le sperme. Et l’ONG de pointer l’absence d’étude sur le potentiel cancérogène du TFA.
Autre angle mort, son écotoxicité sur les organismes vivants (insectes, animaux d’élevage, etc.) dans des milieux largement contaminés. En France, l’Anses doit rendre un avis sur la toxicité du TFA d’ici la fin de l’année.
Source : https://reporterre.net/