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Pourquoi les humains pourraient un jour avoir sept sens

Selon les scientifiques, il nous manquerait deux sens pour optimiser les capacités mémorielles de notre cerveau.
La vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher: voilà les cinq sens qui nous permettent d’interagir avec le monde. Des sens façonnés par des milliards d’années d’évolution… et qui pourraient bien encore évoluer dans le futur ? C’est en tout cas ce que suggère une récente étude, publiée dans Scientific Reports, qui vient bousculer cette limite symbolique de cinq sens. Non pas pour en ajouter un, mais bien deux !
Pour les chercheurs, le constat est simple : les sens humains ne représentent pas l’apogée de l’évolution sensorielle. Et difficile de leur donner tort. Il suffit d’observer certaines espèces animales, comme les serpents, capables de sentir la chaleur en stéréo, les oiseaux, qui détectent le champ magnétique terrestre, ou encore les insectes, qui perçoivent des longueurs d’onde invisibles pour nous. Oui, face aux rayons ultraviolets, nous ne faisons pas mieux qu’une simple mouche drosophile.
Partant de ce constat, les scientifiques se sont demandés si l’ensemble de nos cinq sens constituait réellement une configuration optimale, ou si une amélioration, et donc une évolution, était possible.
Pour y répondre, l’équipe s’est concentrée sur le nombre d’entrées sensorielles optimales influençant la mémoire et l’apprentissage. Un élément clé de cette mémoire a particulièrement retenu leur attention: les engrammes, ces réseaux de neurones répartis dans différentes régions du cerveau et qui s’activent à l’unisson pour former un souvenir.
Dans notre esprit, chaque objet mémorisé est en effet associé à plusieurs données sensorielles. Une banane, par exemple, mobilise la couleur jaune (pour la vue), son odeur sucrée (pour l’odorat), son goût (le goût, facile), sa texture (le toucher) et même le bruit caractéristique lorsqu’on la pèle (l’ouïe). Le modèle mathématique des chercheurs révèle un résultat surprenant.
Sept à la maison
Pour maximiser l’espace conceptuel disponible en mémoire, le nombre optimal d’entrées sensorielles n’est pas cinq, mais environ sept ! Autrement dit, un cerveau humain doté de deux sens supplémentaires pourrait stocker et organiser davantage d’engrammes, et donc apprendre plus efficacement.
Faut-il en conclure que nous possédons déjà des sens cachés ? Pas tout à fait, même si des mécanismes comme la proprioception (la perception de la position de notre corps dans l’espace) ou la sensation de satiété issue de notre microbiome intestinal pourraient s’apparenter à des «quasi-sens», note Popular Mechanics. Mais ils ne participent pas directement à la formation de la mémoire.
En réalité, les auteurs de l’étude restent prudents face à leurs résultats. Pour l’heure, tout n’est que théorie et spéculation. Ils n’écartent pour autant pas l’idée que, dans un futur lointain, les humains puissent développer des capacités inédites, comme la détection des champs magnétiques ou du rayonnement. En tout cas, il y a deux places à prendre !
Si l’on met de côté l’évolution humaine, cette étude pourrait bien intéresser particulièrement un autre domaine: celui de l’intelligence artificielle et de l’informatique neuromorphique (qui cherche à reproduire le fonctionnement du cerveau par la création de neurones artificiels), souligne le média américain. Les ingénieurs pourraient s’inspirer de ce principe de sept entrées sensorielles distinctes pour concevoir des systèmes d’apprentissage plus efficaces. Et si c’étaient plutôt les robots qui, un jour, développaient ces sept sens ?
Source : https://www.slate.fr/