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Pourquoi le vert est-il la couleur de la nature ?
Depuis qu’on l’a regardée de l’espace, la Terre est surnommée la Planète bleue. En cause, les océans, qui recouvrent 70 % de sa surface. Pourtant, on associe la couleur de la nature au vert plutôt qu’au bleu.
Le vert n’a pas toujours été la couleur de la nature. Pendant longtemps, ce fut même une couleur démoniaque, voire mortelle. En effet, le vert utilisé pour teindre les costumes de théâtre au XVIe siècle était obtenu par oxydation du cuivre, ce qui en faisait un poison très violent. Dans deux ouvrages parus récemment, Frédéric Archaux, chercheur à l’INRAE (Toutes les couleurs de la nature, éditions Quae, 2025) et Michel Pastoureau, historien (Vert, Histoire d’une couleur, éditions du Seuil, 2013) nous éclairent sur les raisons qui nous poussent à considérer la couleur verte comme étant celle de la nature.
Pourquoi l’herbe et les plantes sont-elles de couleur verte ?
Dans la nature, la couleur des plantes, de l’herbe, des feuilles des arbres au printemps, d’une partie des algues, est la même : le vert. Un vert qui se décline dans des milliards de nuances, mais un vert tout de même. Cette couleur vient d’un pigment naturel présent dans les plantes, appelé chlorophylle. La chlorophylle (ou plutôt les chlorophylles, car il en existe plusieurs types) permet aux plantes de réaliser la photosynthèse indispensable à leur survie. En transformant l’énergie du soleil en énergie assimilable par les plantes, la photosynthèse « nourrit » ces dernières. L’ensemble du vivant de la planète dépend en grande partie de la chlorophylle et de la photosynthèse, puisque les plantes sont un des éléments de base de la chaîne alimentaire. Certains animaux, comme le mouton de mer Costasiella kuroshimae, pratiquent aussi la photosynthèse.
Le vert, la couleur de la chlorophylle
Frédéric Archaux explique que la chlorophylle se décline en plusieurs types, chlorophylle A, B, C, D et F (la E manque à l’appel, car elle n’a pas été encore décrite) et sous-types cl, c2, c3, etc. Elle joue un rôle majeur, puisqu’elle est au point de départ d’une réaction chimique complexe. Les chlorophylles absorbent des photons pour obtenir de l’énergie, puis envoient cette énergie d’excitation par résonance aux molécules qui les entourent. Cette réaction engendre des protons, qui se combinent au dioxyde de carbone et forment du glucose, un sucre vital au métabolisme des plantes. L’explication de la couleur vient de ce que les chlorophylles absorbent les radiations lumineuses bleue et rouge, mais réfléchissent les radiations jaune et verte. Les pics d’absorption pouvant varier selon les différents types.
Comment s’est faite l’association entre la nature et le vert au fil du temps ?
Dans l’Antiquité, la nature est associée aux quatre éléments que sont l’eau, l’air, la terre et le feu. Il n’y a point de couleur verte à l’horizon. Michel Pastoureau rappelle qu’au Moyen-Âge, le vert est volontiers associé au Diable et aux sorcières accompagnées de leurs crapauds. Difficile à fixer sur les tissus, c’est une couleur mal aimée car elle se délave très vite. C’est au XVIIIe siècle, avec Rousseau et les Romantiques, que la nature commence à être associée à la végétation et, par extension, à la couleur verte. En opposition au rouge (l’interdit), le vert devient aussi un symbole de liberté et d’espoir.
Source : https://www.caminteresse.fr/