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PFAS : et si manger des fibres nous protégeait des « polluants éternels » ?

Une autre bonne raison de manger cinq fruits et légumes par jour ? L’apport de fibres alimentaires permettrait de diminuer l’absorption par notre organisme de deux « polluants éternels » parmi les plus courants, selon deux études récentes (BMC Environmental Health, Toxicology and Applied Pharmacology).
Cela demande à être confirmé, mais c’est encourageant : consommées lors des repas, les fibres alimentaires semblent diminuer l’absorption de PFOS et de PFOA, deux molécules de la famille des Substances per- et PolyFluoroAlkylées (PFAS) – surnommées « polluants éternels » en raison de leur persistance dans l’environnement.
Deux études récentes pointent en tout cas dans cette direction. L’une, mise en ligne en décembre 2024 par la revue Toxicology and Applied Pharmacology, a été menée sur des souris, tandis que l’autre, publiée le 15 mars 2025 sur BMC Environmental Health, porte sur un groupe de 72 volontaires canadiens.
Pour Jennifer Schlezinger, professeure de santé environnementale à l’université de Boston (États-Unis) et première auteure de ces deux publications, « Nous en sommes encore au stade de l’expérimentation, mais les résultats sont très prometteurs » : « L’essentiel est que ce soit faisable, accessible et économique », a-t-elle récemment confié au Guardian.
Un « gel » protecteur dans l’intestin
Associés par plusieurs études à des maladies cardiovasculaires, à certains cancers ou encore à des malformations lors de la grossesse, les PFAS restent dans le corps humain pendant plusieurs années. Cependant, il serait possible d’agir en amont, au moment où nous ingérons ces substances qui contaminent à la fois l’eau et les aliments.
Cette solution potentielle viendrait en fait de la ressemblance entre les acides biliaires, ou « sels biliaires », des substances naturellement synthétisées par le foie, et les PFAS dits « à longue chaîne » comme le PFOS et le PFOA.
Les fibres alimentaires forment ainsi un « gel » qui non seulement bloque le passage vers le sang des acides biliaires relâchés dans l’intestin, mais également de ce type de polluants éternels. Ne pouvant franchir la barrière intestinale, ces derniers finissent alors dans les fèces.
Les repas, des moments clés pour changer les habitudes
Parmi les fibres alimentaires, on distingue les fibres solubles et les fibres insolubles : les deux catégories semblent contribuer à ce mécanisme, note Jennifer Schlezinger. À condition, toutefois, d’en consommer lors des repas plutôt qu’à d’autres moments de la journée, en raison de la production accrue d’acides biliaires lors de la digestion.
Pour les PFAS à « chaîne courte », en revanche, la principale voie d’élimination reste l’urine, précise-t-elle.
Source : https://www.geo.fr/