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Le bio ne doit pas être seulement naturel, mais aussi transparent

Éditorial. Les produits bios coûtent plus cher car ils nécessitent davantage de travail. Mais, selon une étude, les producteurs ne sont pas forcément rémunérés en proportion. Un nouvel épisode du flou régnant sur ces types de produits, et qui doit cesser
«Bio». Une fois que vous avez lâché ce mot, entre amis ou au travail, une discussion s’engage. Où vous retrouverez ceux qui en ont fait une religion et d’autres qui ne regardent que le prix, parfois parce qu’ils n’ont pas le choix. Entre deux, beaucoup de nuances où la conviction bataille avec le pragmatisme dans un monde de consommation où l’on sait bien qu’il est difficile d’être totalement cohérent dans la quête de durabilité.
Ceci posé, le bio répond à un cahier des charges très strict pour les producteurs. Dans le secteur agricole, pour ceux qui s’y lancent, il fait l’objet d’une conversion (la religion, encore !) sur quelques années. Beaucoup s’y mettent par pure conviction, certains sont plutôt attirés par des paiements directs (rémunérations complémentaires versées par l’État) plus favorables.
Il est vrai que travailler en bio coûte plus cher, il faut du temps, de l’attention. Demandez à un vigneron bio qui, lors d’un épisode pluvieux, doit traiter bien plus souvent ses vignes qu’un confrère en conventionnel, parce que le produit autorisé pour lutter contre le mildiou ou l’oïdium ne tient pas sous les précipitations.
Contraintes multiples réelles
Fruit, légume, céréale, lait, viande : il y a toujours une explication au coût du bio. En revanche, cela ne doit pas justifier que dans le parcours du producteur au consommateur, en passant par un éventuel transformateur et le distributeur, le prix grossisse davantage d’un côté de la chaîne que de l’autre.
Et c’est de cela qu’il est question avec cette étude des Marchés équitables Suisse qui pointe un problème de proportionnalité pour le gain des producteurs entre conventionnels et bios. Que la méthode soit critiquable ou pas, elle n’en reste pas moins le reflet d’un flou qui ressurgit régulièrement sur le prix final du bio. Qu’il ait des contraintes multiples pour les détaillants, on veut bien le croire. Qu’ils ne veuillent pas dévoiler les secrets des prix pratiqués, on l’imagine bien, dans un domaine très concurrentiel. Mais l’alimentation est indispensable. Et il devrait y régner comme un intérêt supérieur, où se croisent le budget des ménages, la viabilité d’une agriculture sous perfusion et le nécessaire développement d’une vie quotidienne durable.
Source : https://www.letemps.ch/