

Au Québec, un chercheur a comparé la résistance à la sécheresse des érables plantés dans la ville de Montréal. Ses recherches montrent que les arbres plantés dans les rues sont plus résistants aux périodes de sécheresses que ceux plantés dans les espaces verts, et ce grâce à une technique surprenante.
À Montréal, après de longues périodes sans pluie, les niveaux d’eau et le flux de sève des arbres poussant dans les parcs ont tendance à diminuer, bien plus que chez les arbres plantés dans les rues, explique NewScientist. Un mystère qu’André Poirier, professeur à l’Université du Québec, a tenté d’élucider.
Une analyse du métal contenu dans les arbres
Pour ce faire, lui et son équipe ont d’abord collecté des échantillons d’érable plane (Acer platanoide) et d’érable argenté (Acer saccharinum) dans des parcs, et d’autres plantés dans les rues de la ville.
En analysant les isotopes, des atomes de métal présents dans les échantillons, et en mesurant l’âge des arbres grâce aux anneaux présents sur leurs troncs, les chercheurs ont pu observer des différences dans leur approvisionnement en eau.
Alors que les arbres analysés dans les parcs contenaient des traces de métaux associés à la pollution de l’air (ils consomment donc principalement de l’eau de pluie), les arbres des rues présentaient des particules que l’on retrouve dans les tuyaux de canalisation de la ville.
Montréal et les fuites d’eau
C’est là que se cacherait leur secret. En moyenne, les érables ont besoin de 50 litres d’eau par jour. En période de sécheresse, lorsqu’il ne pleut pas, ou peu, les arbres plantés dans les parcs sont donc sévèrement affaiblis. En revanche, ceux plantés dans les rues de Montréal compensent ce manque, en récupérant de l’eau en provenance des canalisations de la ville, qui perdent quelque 500 millions de litres chaque jour.
La bonne nouvelle, explique André Poirier, « c’est qu’on va pouvoir continuer de planter des arbres dans nos rues. Ça rend les gens heureux et on sait maintenant qu’ils pourront mieux survivre en cas de sécheresse que ceux dans les parcs ».
Reste à savoir comment régler le problème des fuites d’eau à Montréal… En août 2024, une impressionnante fuite dans un aqueduc avait complètement inondé une partie du centre de la ville.
Source : https://www.geo.fr/