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La Maison internationale de la cosmétique de Chartres est relancée

Cette fois-ci, c’est la bonne ! C’est du moins le sentiment de Jean-Pierre Gorges, président de Chartres Métropole, et de Marc-Antoine Jamet, président de Cosmetic Valley. Les travaux de la Maison internationale de la cosmétique vont être lancés pour une livraison fin 2028.
« Face à la cathédrale, la Maison internationale de la cosmétique incarnera notre ambition : donner à l’excellence française un écrin à sa hauteur. Ce sera un lieu de travail, d’innovation, de formation. Un outil concret pour développer des compétences, créer des emplois et faire rayonner Chartres dans le monde. Chartres est la capitale de la beauté et cet espace sera une vitrine exceptionnelle pour tous les acteurs du secteur ainsi que pour le grand public. C’est notre manière de préparer l’avenir », a annoncé Jean-Pierre Gorges, maire de Chartres et président de Chartres Métropole, en présentant la deuxième version du projet, qu’on appelle déjà la MIC (Maison internationale de la cosmétique), au pied de la cathédrale de Chartres.
Le bâtiment du hub Beauty sera démoli pour élargir la place Jean-Moulin
Lors d’une conférence de presse, hier après-midi, en présence de Marc-Antoine Jamet, président de Cosmetic Valley, de Vincent Morel, directeur d’agence Bouygues Bâtiment Centre Sud-Ouest, de Georges Kallab, architecte responsable du projet chez Jean-Michel Wilmotte & Associés, Jean-Pierre Gorges a rappelé que l’histoire de cette Maison a débuté en 2005, alors que Cosmetic Valley, née à Chartres, venait d’être reconnue pôle de compétitivité, par l’État.
« Cela s’est passé dans mon bureau, en présence du ministre Renaud Dutreuil (alors ministre des PME, du Commerce, de l’Artisanat), et Serge Grouard, maire d’Orléans. Le ministre avait décidé que le siège de Cosmetic Valley se situerait à Chartres. Le maire d’Orléans est parti mécontent, et je le comprends, car Orléans a aussi des activités dans le domaine des cosmétiques et parfums. Le ministre avait misé sur la célébrité mondiale de notre cathédrale. Ceci dit, ce sont les entreprises du secteur qui ont inventé le concept, et en particulier Jean-Paul Guerlain qui a été le premier à quitter Paris pour venir installer son site de production à Chartres et d’autres industriels ont suivi son exemple. »
Marc-Antoine Jamet a rappelé la genèse de cette Maison à laquelle est attaché l’écosystème économique régional : « La Maison internationale de la cosmétique est née d’une ambition forte : offrir à la filière cosmétique française un lieu emblématique à la hauteur de l’excellence de ses entreprises et de son rayonnement mondial. Située à Chartres, face à la cathédrale, joyau de l’architecture, elle est à la fois un espace de travail et de réunions, un lieu de culture et de patrimoine et un centre de transmission et de formation, ouverte à tous, aux professionnels comme au grand public. »
« Ce projet fédérateur rassemble les talents, les savoir-faire et les innovations qui font la force de notre écosystème. Il incarne la volonté collective de valoriser notre industrie, à la fois ancrée dans son histoire et résolument tournée vers l’avenir, de souligner nos engagements pour une cosmétique responsable, tout en créant un espace d’échange et de découverte autour de notre filière », ajoute Marc-Antoine Jamet.
La construction de cet écrin, attendu par le secteur des cosmétiques et parfums français, reflète aussi la reconnaissance de Chartres Métropole et du travail effectué, depuis plus de 30 ans, par le pôle de compétitivité pour un secteur stratégique de l’économie française.
La « conception-réalisation » privilégiée
« La filière cosmétique est l’un des fleurons économiques de la France et le leader mondial de son secteur. En France, elle représente plus de 246.000 emplois directs et indirects pour un chiffre d’affaires de 71 milliards d’euros, faisant d’elle le deuxième secteur exportateur. Présente sur tout le territoire, elle réunit dans sa diversité, grandes maisons, PME, ETI, startups, laboratoires, industriels, agriculteurs et chercheurs. Cet écosystème unique est reconnu non seulement pour ses traditions et sa réussite actuelle, mais aussi pour son expertise et ses innovations porteuses d’avenir », conclut le président de Cosmetic Valley.
Le choix de l’architecte a, cette fois, suivi une procédure différente de la première. Au lieu de lancer un concours d’architectes, Jean-Pierre Gorges a préféré la procédure de conception-réalisation qui permet à un cabinet d’architecture de se présenter à l’appel d’offres avec une entreprise de construction. Les deux proposent un projet clé en main comprenant les études architecturales, les matériaux de construction, les délais de livraisons et un chiffrage budgétaire global du projet. Et c’est ainsi que trois candidats se sont présentés, au cours du printemps, et l’agence Wilmotte et Associés, adossé au groupe Bouygues Bâtiment, a remporté le marché de la Maison internationale de la cosmétique de Chartres, version 2025.
Un bâtiment sobre, rigoureux et ambitieux
Quant à l’esquisse réalisée par le cabinet d’architecture Wilmotte, Georges Kallab lui reconnaît sa sobriété : « Pour nous, il fallait s’extraire du parvis pour imaginer quelque chose qui s’y intègre parfaitement. C’est pour cela que nous avons proposé de démolir le bâtiment de l’actuel Beauty Hub, le long de la place Jean-Moulin. Une intervention absolument essentielle qui permet d’ouvrir une vue perspective vers la cathédrale, inconnue jusque-là, tout en assurant une continuité de l’espace public. Nous dilatons l’espace public à cet endroit. La deuxième chose est qu’au lieu de venir avec l’idée d’un bâtiment neuf en vis-à-vis de la cathédrale, nous avons choisi d’avoir notre greffe contemporaine, un élément liant tout le bâti existant et qui se met en léger retrait tout en restant très visible puisqu’il est sur un cheminement piéton de la gare vers la cathédrale. Ce nouveau bâtiment ne rentre pas en rapport de force avec la cathédrale. C’est un projet à la fois humble, sobre, rigoureux et ambitieux. Il vient accompagner le paysage de l’existant. »
Et Vincent Morel de conclure : « Cette collaboration nous va à merveille, car nous travaillons avec des professionnels solides, sur un urbanisme de qualité, mais aussi intéressant en termes de prix tout en réalisant des performances énergétiques, environnementales et respecter un planning de travaux. Nous avons eu recours à la géothermie pour le chauffage et le rafraîchissement, la construction en structure bois pour la partie neuve, l’emploi de matériaux biosourcés à de plus de 18 kg/m² de surface de plancher et performances équivalentes au label BBC Rénovation. Conçu selon des principes bioclimatiques et doté d’une isolation efficace, l’ensemble garantit une consommation d’énergie contenue et des coûts d’usage réduits, sur le long terme. Nous maîtrisons notre destin dans ce genre de collaboration. Près de 70 % du marché est réalisé avec des entreprises locales qui participent à ce grand projet. »
Source : https://www.lechorepublicain.fr/