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La canahua, une graine précolombienne au secours de l’agriculture bolivienne

Face à l’insécurité alimentaire et au dérèglement climatique, la cañahua séduit de plus en plus de producteurs boliviens grâce à sa capacité unique à résister à la sécheresse comme au gel.
Certains la surnomme la graine « miracle ». Ecoutez plutôt : la cañahua contient les neuf acides aminés essentiels mais aussi du calcium, du fer, du zinc, des omega-6… une teneur en protéine proche des 20%. Sans oublier – argument ultime pour nos intestins douillets – elle est sans gluten ! Proche, au goût, du quinoa (avec quelques notes de noisette en plus), cette céréale se consomme entière ou moulue en farine.
Les médias du monde entier louent ses vertus, les uns voyant en elle « un aliment de substitution exceptionnel », les autres la qualifiant de « reine des céréales ». Il y a quelques jours, c’était au tour du Guardian de s’émerveiller en affirmant : « la cañahua surpasse toutes les cultures ».
Une céréale résiliente face au dérèglement climatique
Elle était consommée à l’époque précolombienne avant d’être supplantée par le blé avec l’arrivée des Espagnols. Aujourd’hui, elle est encore peu cultivée en Bolivie mais recouvre, chaque année, de plus en plus de parcelles. Notamment dans la cordillère des Andes. Les paysans s’y mettent les uns après les autres. Dubitatifs au départ, ils sont désormais séduits par la résilience hors-norme de cette céréale.
Cette plante d’altitude résiste à la sècheresse… comme au gel. Elle survit à des températures allant de moins 10°C à 28°C. En clair, elle pousse, là où rien ne pousse ! Idéal, donc, pour les hauts plateaux andins victimes d’événements climatiques extrêmes.
Autre atout de taille : la cañahua pourrait jouer un rôle clé à l’heure où la Bolivie fait face à une insécurité alimentaire croissante…
Une solution face à l’insécurité alimentaire ?
Ces dernières années, des catastrophes naturelles à répétition ont ravagé des récoltes entières (de quinoa, de blé et de pommes de terre). La Bolivie, acculée à importer, s’est retrouvée, de fait, tributaire des cours mondiaux… sans que sa population, l’une des plus pauvres de la région, n’ait les moyens de consommer les produits étrangers.
Autre facteur accentuant encore la précarité alimentaire : l’exode rural massif. En effet, face aux aléas climatiques, et à leurs conséquences économiques, les jeunes ne prennent plus la relève de leurs parents paysans et désertent les hauts plateaux andins. La cañahua pourrait aider à retrouver un début de souveraineté alimentaire.
Ironie du sort : il aura fallu que le climat se dérègle pour que la Bolivie redécouvre une graine ancestrale cultivée il y a cinq siècles… Plus qu’un vestige du passé, la cañahua pourrait bien avoir le goût de l’avenir.
Source : https://www.radiofrance.fr/