

Découvrez les syrphes, ces insectes souvent confondus avec les abeilles ou les guêpes, mais qui sont, en réalité, plutôt proches des mouches. Reconnaissables à leur vol stationnaire et leur mimétisme, les syrphes sont de redoutables alliées du jardinier : leurs larves dévorent les pucerons, tandis que les adultes sont d’importants pollinisateurs. En plantant des fleurs variées et en évitant les pesticides, vous favoriserez leur présence pour un écosystème sain et équilibré.
Les syrphes, souvent appelées mouches florales ou mouches à fleurs, sont des insectes fascinants et extrêmement bénéfiques pour nos jardins. Bien qu’arborant des couleurs vives, souvent jaunes et noires, rappelant la livrée des guêpes ou des abeilles, elles sont en réalité très proches des mouches. Découvrez pourquoi attirer les syrphes dans votre jardin est une excellente stratégie de lutte biologique contre les pucerons et un atout précieux pour la pollinisation de vos plantes potagères et fruitières.
Syrphes : plus que de jolies mouches !

Les syrphes sont de véritables « mouches », appartenant à l’ordre des diptères. Elles n’ont qu’une seule paire d’ailes visibles, contrairement aux quatre des abeilles et des guêpes (qui, eux, sont des Hyménoptères).
À quoi ressemble un syrphe adulte ?
– Apparence mimétique : c’est une de leurs caractéristiques les plus frappantes. Les adultes arborent souvent des couleurs vives, des rayures jaunes et noires, ou des motifs qui imitent ceux des guêpes, des abeilles ou même des bourdons. Ce mimétisme batésien leur offre une protection contre les prédateurs qui évitent les insectes piqueurs.
– Vol stationnaire : leur capacité à rester immobile en vol, comme un hélicoptère ou un drone, est très caractéristique et leur vaut le surnom de « hoverflies » en anglais. Ils peuvent ainsi inspecter les fleurs avant de se poser.
– Une seule paire d’ailes visibles : en tant que diptères (« deux ailes »), ils ne possèdent qu’une seule paire d’ailes membraneuses fonctionnelles, contrairement aux quatre ailes des abeilles et des guêpes. Une fausse nervure (la vena spuria) sur l’aile est un autre trait distinctif.
– Absence de dard : les syrphes sont totalement inoffensifs et ne peuvent ni piquer ni mordre. Leur bouche est adaptée pour lécher le nectar et consommer le pollen.
– Yeux grands : leurs yeux sont généralement grands et peuvent se rejoindre chez les mâles de certaines espèces.
– Corps varié : la taille varie selon les espèces (de quelques millimètres à plus de 2 cm). Leur corps peut être glabre (lisse) ou poilu, et présenter diverses couleurs et motifs en plus du jaune et noir, comme l’orange, le brun ou le blanc.
Le cycle de vie des syrphes comprend quatre étapes : l’œuf, minuscule et pondu près des proies (pucerons), la larve vorace qui se nourrit activement, la pupe immobile où la transformation s’opère, et enfin l’adulte volant, pollinisateur et prêt à se reproduire pour perpétuer le cycle.
Le double atout des syrphes pour votre jardin
Ce qui rend les syrphes particulièrement intéressants pour nous, jardiniers, c’est le double rôle qu’elles jouent au cours de leur vie :
– Les larves : de redoutables prédatrices. La plupart des larves de syrphes sont de voraces mangeuses de pucerons (on dit qu’ils sont aphidiphages), mais certaines espèces s’attaquent aussi aux cochenilles, aux thrips et à d’autres petits insectes ravageurs. Une seule larve de syrphe peut consommer des centaines de pucerons au cours de son développement. C’est une forme de lutte biologique naturelle très efficace.
– Les adultes : d’importants pollinisateurs. Une fois devenues adultes, les syrphes se nourrissent de nectar et de pollen. En butinant de fleur en fleur, elles transportent le pollen et contribuent ainsi à la pollinisation de nombreuses plantes, y compris certaines de nos cultures potagères et fruitières.
Invitez les syrphes : conseils pour un jardin accueillant

– Plantez une diversité de fleurs : les syrphes adultes ont besoin de sources de nectar et de pollen tout au long de la saison. Privilégiez les fleurs aux formes variées, comme les marguerites, les cosmos, les achillées, les carottes sauvages, les aneths, les fenouils (que vous laisserez fleurir), la bourrache, la phacélie… Certaines plantes sont plus susceptibles d’attirer certaines espèces de pucerons dont ils sont friands. Par exemple, les rosiers, les fèves ou les sureaux.
– Bannissez toute forme de pesticides : les insecticides, même dits « sélectifs » ou « naturels », peuvent nuire aux larves et aux adultes de syrphes, ainsi qu’à d’autres insectes bénéfiques.
– Offrez-leur des « hôtels à insectes » adaptés : bien que les syrphes ne nichent pas dans les hôtels à insectes classiques, vous pouvez leur offrir des abris en laissant des zones de végétation spontanée, des tas de feuilles ou de bois mort dans un coin du jardin. Certaines espèces apprécient les tiges creuses pour y pondre.
– Fournissez-leur de l’eau : une petite soucoupe remplie d’eau avec quelques cailloux pour qu’elles puissent se poser sans se noyer est toujours appréciée, surtout par temps chaud.
Observer les syrphes dans votre jardin est un véritable plaisir. Leur vol agile et leur présence discrète sont le signe d’un écosystème sain et équilibré. En favorisant leur présence, vous vous offrez une aide précieuse pour lutter contre les ravageurs et améliorer la pollinisation de vos plantes.
Quelques espèces de syrphes courantes

La famille des Syrphidae est vaste et compte des centaines d’espèces, rien qu’en Belgique et plus de 5 000 espèces décrites dans le monde. Et on en découvre chaque année de nouvelles espèces.
– Le Syrphe ceinturé (Episyrphus balteatus) : c’est probablement l’espèce la plus commune et la plus observée. Il est de taille moyenne (environ 1 cm) avec un abdomen jaune et noir rayé de manière très régulière. Ses larves sont de redoutables prédatrices de pucerons sur une grande variété de plantes. Les adultes sont également de bons pollinisateurs et sont souvent vus en vol stationnaire au-dessus des fleurs.
– Le Syrphe du groseillier (Syrphus ribesii) : également très commun, il ressemble un peu au syrphe ceinturé, mais a des bandes jaunes plus larges et moins régulières sur l’abdomen. Ses larves sont aussi d’efficaces prédatrices de pucerons, notamment sur les arbustes fruitiers comme le groseillier (d’où son nom !). Les adultes sont de bons pollinisateurs.
– Le Syrphe porte-plume (Sphaerophoria scripta) : plus petit et plus élancé que les deux précédents, le mâle a un abdomen long et fin avec des marques jaunes caractéristiques rappelant une plume. La femelle a des marques abdominales plus courtes. Les larves sont aussi prédatrices de pucerons. On les observe fréquemment sur les herbes et les fleurs basses.
– L’Éristale tenace ou Éristale gluant (Eristalis tenax) : celui-ci est un peu différent des autres, car l’adulte imite une abeille domestique, avec un corps plus robuste et poilu. Ses larves, appelées « vers à queue de rat », se développent dans les eaux stagnantes riches en matière organique et se nourrissent de débris. Les adultes sont de bons pollinisateurs, visitant une large gamme de fleurs.
– Le Syrphe pyrastre ou Syrphe du poirier (Scaeva pyrastri) : de taille moyenne, il se distingue par ses deux paires de taches blanches en forme de virgule sur l’abdomen noir. Les larves sont d’excellentes prédatrices de pucerons, en particulier sur les arbres fruitiers comme le poirier (là encore, son nom est évocateur). Les adultes sont également des pollinisateurs actifs.

Source : https://www.rtbf.be/