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Comment les abeilles fabriquent-elles le miel ?

C’est un produit que nous sommes nombreux à consommer régulièrement, tant pour son goût agréable que pour ses bienfaits : le miel. Si nous savons qu’il est fabriqué par les abeilles, nous n’avons pas forcément conscience du travail que cela leur demande pour obtenir la fameuse substance sucrée. Nous vous proposons donc de le découvrir dans cet article.
La ruche : une organisation précise pour fabriquer le miel
Commençons par nous intéresser au fonctionnement de la ruche pour comprendre qui va se charger de la fabrication du miel.
En haut de la structure hiérarchique se trouve la reine. C’est la seule abeille fertile, qui peut se reproduire. Son rôle principal consiste d’ailleurs à pondre plusieurs centaines d’œufs par jour, ce qui assure la longévité de la colonie. Elle favorise aussi la cohésion globale du groupe en produisant des phéromones, ces substances chimiques qui permettent aux animaux de communiquer entre eux.
Ensuite, il y a les ouvrières. Ce sont des abeilles stériles, mais qui ont de nombreux rôles au sein de la ruche. Ce sont notamment d’elles que dépendent les sources de nourriture que sont le miel et le pollen. La reine consacre une grande partie de son énergie à pondre et doit donc être nourrie par ces ouvrières, tout comme les larves. Les abeilles ouvrières assurent également d’autres fonctions essentielles : construction des rayons de la ruche, nettoyage des cellules qui accueilleront les œufs, protection de l’entrée, etc. Chaque ouvrière a donc un rôle : nettoyeuse, nourrice, gardienne ou encore butineuse.
Pour sa part, le mâle est appelé faux bourdon. Son rôle est assez limité, puisqu’il ne sert qu’à la reproduction des nouvelles abeilles reines. Il ne butine pas et ne peut donc pas aider à rapporter du nectar dans la ruche.
La reine a l’espérance de vie la plus longue, alors que les ouvrières ne vivent que quelques mois au maximum.
Étape 1 : la récolte du nectar
Pour commencer, ce sont les abeilles butineuses qui vont partir à la recherche des fleurs mellifères. Elles leur sont indispensables, puisque ce sont elles qui leur offrent la matière première du miel : un liquide sucré appelé nectar. Il est disponible au fond de la corolle des fleurs et elles le récoltent grâce à leur longue langue. Grâce aux phéromones, les abeilles sont capables de distinguer une fleur dont le nectar a déjà été récolté d’une fleur qui a encore du nectar. Elles peuvent aussi utiliser le miellat de certains insectes piqueurs comme les pucerons et les cochenilles, qui se nourrissent de la sève des plantes et rejettent ensuite une substance naturellement sucrée. Certaines plantes sécrètent aussi du miellat sur leurs feuilles.
Rappelons que les fleurs sécrètent du nectar justement pour attirer les insectes butineurs, puisque ce sont eux qui sont ensuite garants de la reproduction. En venant chercher le nectar, ils transportent également du pollen qui s’accroche à leur corps et qui sera ensuite déposé sur le pistil pour permettre la fécondation. Les bourdons, les papillons, les syrphes, les guêpes, les scarabées, les coccinelles et même les fourmis ont aussi ce rôle de pollinisateurs.
Le liquide récolté est ensuite stocké dans le jabot, une sorte de second estomac de petite taille situé au début du tube digestif de l’abeille.
Étape 2 : la transformation
De retour à la ruche, les butineuses vont donner le nectar récolté à d’autres abeilles ouvrières par trophallaxie, c’est-à-dire en le régurgitant, puis en se le passant de bouche à bouche. Le liquide va être transporté de cette manière en passant par les bouches et les jabots successifs de plusieurs ouvrières. Mélangé à leur salive, il commence doucement sa transformation sous l’action des enzymes. L’invertase permet notamment la transformation du saccharose originel en glucose et en fructose, plus digestes. La glucose-oxydase va, pour sa part, changer le pH du miel pour limiter les risques de développement de bactéries et de champignons et favoriser la conservation.
Étape 3 : le stockage
Une fois transformé, le nectar va être déposé dans les alvéoles en cire qui constituent les rayons de la ruche. La chaleur naturelle du lieu va faire évaporer l’eau qu’il contient et le transformer en miel. Les abeilles ont en effet la capacité d’utiliser leurs ailes pour maintenir une bonne aération et un taux d’hygrométrie adapté. Lorsque le liquide a la consistance idéale (il conserve idéalement un taux de 18 % d’humidité maximum), il est protégé par un capuchon de cire imperméable, ce qui permet sa conservation.
La récolte du miel pour la consommation humaine
Pour récolter le miel, les apiculteurs vont donc récupérer le liquide conservé dans les alvéoles de la ruche. Pour la pérennité de la colonie, ils ne doivent toutefois pas en récolter de trop grandes quantités et toujours en laisser une partie pour nourrir les abeilles. Car, si nous l’aimons en tartine, dans un yaourt ou tel quel à la petite cuillère, les abeilles aussi se régalent du miel. Cette substance est même indispensable à leur survie, puisqu’elle sert à nourrir les larves ou même la ruche, que ce soit en hiver (lorsqu’il y a moins de fleurs) ou lorsque les conditions météorologiques ne permettent pas aux ouvrières de sortir. Il constitue une ressource d’énergie indispensable.
Les fleurs : essentielles pour la production de miel et la survie des abeilles
Nous l’avons vu, les abeilles sont dépendantes des fleurs pour produire du miel. Mais toutes les fleurs ne se valent pas et elles vont donner un miel différent, que ce soit au niveau de sa consistance, de sa couleur ou de son goût : miel de lavande, de tilleul, de bruyère, de châtaignier, de romarin, etc.
Notons qu’il faut distinguer les fleurs nectarifères des fleurs mellifères : seules ces dernières permettent vraiment de fabriquer du miel, car elles fournissent différents éléments aux abeilles.
1. Du nectar en quantité suffisante, de bonne qualité (contenant assez de sucres) et de façon accessible aux butineuses. Certaines structures de fleurs sont en effet trop complexes, comme les corolles profondes ou les fleurs doubles. Elles ne permettent donc pas aux abeilles d’y accéder.
2. Du pollen. C’est la source de protéines des abeilles, essentielle au développement des larves. Il est récolté par les abeilles au niveau des peignes situés sur leurs pattes arrière.
3. Du miellat. Nous l’avons vu précédemment, c’est une alternative au nectar des fleurs. C’est par exemple la substance que l’on retrouve pour la fabrication du miel de sapin.
4. De la propolis. C’est l’antibiotique naturel des abeilles, qui permet de les protéger contre les risques d’infection.
Les plantes mellifères sont donc bien plus complètes, essentielles aux abeilles et au bon fonctionnement des ruches à plusieurs niveaux.
Les chiffres varient selon les sources, mais on estime qu’il faut entre 800 000 et 1 million de fleurs, ainsi qu’entre 4 000 et 6 000 abeilles pour obtenir 1 seul kilo de miel. Désormais, il est fort probable que vous ne regardiez plus votre cuillère de miel comme avant !
Source : https://lemagdesanimaux.ouest-france.fr/