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Comment la biologie intégrative peut-elle nous aider à améliorer notre santé physique et mentale ?

Comment adopter de nouvelles habitudes quotidiennes pour améliorer son poids, son énergie, les performances de son cerveau, son humeur et son sommeil et même éviter l’apparition de maladies ? Émilie Steinbach, docteure en biologie intégrative et neuroscientifique est l’autrice de « Votre santé optimisée » (Marabout). Qu’est-ce que la biologie intégrative et comment peut-elle répondre à toutes ces promesses ? Réponses avec le Dr. Steinbach, qui était l’invitée de Tendances Première.
S’il y a une légère tendance à la consommation de produits plus sains, les Belges conservent de mauvaises habitudes alimentaires, alertent le Conseil supérieur de la santé et Sciensano dans une dernière étude. Sur 4000 personnes interrogées, on constate trop peu de changements depuis la dernière étude effectuée il y a dix ans : par exemple 82% de la population boit encore de l’alcool et 7% consomment des légumes en suffisance par exemple. Une nutrition saine prévient pourtant de différentes maladies chroniques, tant physiques que mentales. Comment changer une bonne fois pour toutes son alimentation ? La biologie intégrative pourrait favoriser cette transition vers un mode de vie plus sain.
Une approche globale pour une santé globale
Ayant elle-même découvert très jeune avoir un trouble de l’attention et de l’hyperactivité, le Dr Steinbach a pu aussi constater comment son mode de vie, et particulièrement le contenu de son assiette, influençait ses symptômes, son bien-être et ses capacités cognitives. Sa carrière professionnelle l’a donc conduite à se former en neuronutrition et en biologie intégrative. « J’étudie vraiment l’impact du mode de vie global sur la santé globale. Donc à la fois la santé métabolique, le microbiome intestinal, la santé mentale et cognitive » explique-t-elle.
La biologie intégrative se définit donc comme une médecine qui suit une approche holistique de la santé de l’être humain : elle voit notre corps comme un écosystème dont on ne peut séparer chacun de ces éléments. « C’est étudier l’être humain comme si on étudiait une forêt. On va étudier l’état des sols, le climat, l’interaction entre les arbres et les papillons, etc. C’est pareil pour la santé. Comment le microbiome intestinal communique avec le cerveau ? Le microbiote, c’est l’ensemble des micro-organismes qui vivent dans notre intestin. Ou comment le gras parle au cerveau par exemple ?«
Faire le lien entre la santé mentale et la nutrition
Nous savons tous que ce que nous mangeons a un impact sur notre poids. Mais très peu de personnes sont conscientes de l’impact de ce qu’ils mangent sur la santé mentale et encore moins sur la santé cognitive, observe Émilie Steinbach : « Aujourd’hui, la plupart des individus pensent que souffrir de maladie d’Alzheimer, ce n’est qu’une question de génétique et de malchance. Or, on sait que les facteurs du mode de vie, dont l’alimentation, pourraient jouer jusqu’à 40% des facteurs de risque de cette maladie« .
Sachant que la génétique, c’est un peu moins de 3%, il s’agit de changer de mode de vie, « ce qui aura un réel impact sur notre qualité de vie » souligne la neuroscientifique.
Les aliments hypertransformés mis en cause dans l’obésité
Le Dr Steinbach a tenu une thèse de doctorat sur l’obésité. Pour elle, d’ici très peu d’années, une personne sur deux souffrira de surpoids et d’obésité. Et les impacts se ressentiront sur d’autres organes et sur la santé mentale car « c’est une maladie complexe qui augmente le risque de souffrir de plein d’autres pathologies« .
Pour la spécialiste, consommer plus d’aliments ultratransformés conduit aussi à un risque plus élevé de souffrir de dépression, d’anxiété. « Le problème, c’est que ces aliments sont créés pour être irrésistibles. Quand on en voit et qu’on en consomme, c’est difficile de s’arrêter » déplore-t-elle.
De temps en temps, s’autoriser un plaisir éphémère, tel un paquet de chips, n’est pas un problème. Tout comme boire du café de façon limitée. « C’est une boisson qui est très riche en petites molécules antioxydantes qui peuvent réduire l’inflammation. Donc c’est une boisson qu’on peut consommer. Et d’ailleurs je la consomme. Les études montrent que consommer à peu près trois tasses de café par jour est associé à un meilleur état de santé« .
Changer en procédant par étapes et en comprenant ce qui nous rend malade
Revoir son alimentation, son sommeil, mais aussi l’exposition à la lumière, et l’activité physique doit se faire par étapes. Pour le Dr Steinbach, tout changer du jour au lendemain mène souvent à un échec comme c’est le cas d’un régime ultra-restrictif avant l’été.
Dans son livre qui fonctionne selon un protocole de mode de vie d’une journée et en dix étapes, on trouve le sommeil, le petit-déjeuner… « Également, j’ai voulu insister sur le temps de compréhension. La première partie du livre est une explication de l’impact de notre mode de vie sur notre santé. Je pense qu’en fait c’est très difficile de changer son mode de vie si on n’a pas réellement compris comment il peut nous rendre malade« .
Entretenir des liens sociaux pour construire sa réserve cognitive
Dans une approche globale, qui est le propre de la biologie intégrative, on ne peut pas réussir à modifier ses habitudes et à se sentir en bonne santé uniquement en mangeant ce qu’il faut, comme le précise le Dr Steinbach. Il s’agit aussi d’améliorer sa vie, d’entretenir son lien social et se nourrir culturellement. « C’est un exercice très rigoureux pour le cerveau d’être en lien avec l’autre » assure la neuroscientifique. Pour maintenir de meilleures capacités cognitives, l’aspect social est très important, comme lorsqu’apparaissent des signes de démence. « Le cerveau, vous pouvez l’imaginer comme si c’était un gruyère. S’il y a des petits trous dedans, on pourrait souffrir de maladie d’Alzheimer« .
En maintenant de très bonnes fonctions cognitives tout au long de la vie, on construit ce qu’on appelle ‘la réserve cognitive’. « En fait, quand on se nourrit intellectuellement et socialement, on entraîne son cerveau à prendre d’autres chemins même si le cerveau est un peu grignoté par l’âge ou par la maladie« .
Source : https://www.rtbf.be/