

Désormais, les champs cultivés dans tous les pays de l’Union Européenne pourront contenir des NGT ou « nouveaux OGM », c’est à dire des plantes provenant de nouvelles techniques génomiques. Les variétés dont il est ici question seraient plus avantageuses que les OGM classiques mais certaines associations craignent que les autorités de l’UE n’appliquent pas de contrôles assez rigoureux.
OGM vs NGT
Pour rappel, les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) en agriculture concernent des plantes, dont le matériel génétique a subi des modifications au moyen de techniques de génie génétique. L’objectif ? Conférer à ces mêmes organismes de nouvelles caractéristiques, par exemple une meilleure résistance aux herbicides ou à certains insectes. Soulignons que la toute première plante OGM avait fait son apparition en 1983, à savoir un tabac résistant à des antibiotiques.
Les Nouvelles Techniques Génomiques (NGT) ont la particularité de modifier le génome des plantes sans nécessairement introduire d’ADN étranger, contrairement aux OGM classiques. Autrement dit les NGT sont bien des organismes génétiquement modifiés, à la différence près qu’ils ne sont pas transgéniques. Ces « nouveaux OGM » existent depuis 2001 avec le développement d’outils d’édition du génome comme les célèbres ciseaux génétiques CRISPR-Cas9. De plus, il faut savoir que depuis un certain temps déjà, les NGT sont autorisés en Chine et aux Etats-Unis.
Une bonne nouvelle en termes de sécurité alimentaire
Dans un communiqué de presse publié le 4 décembre 2025, le Parlement Européen a évoqué la signature d’un accord autorisant les plantes NGT dans l’agriculture, au sein de tous les pays de l’Union. Soutenues par les grands syndicats agricoles, les variétés de plantes dont il est ici question pourraient mieux résister à la sécheresse (ou à certaines maladies) mais également, auraient moins besoin de pesticides. Il faut dire que les possibilités sont nombreuses, notamment celle de produire du blé sans gluten.
Du coté des députés favorables à l’accord, il s’agit là d’une avancée majeure. En effet, les promesses sont grandes : cultiver des plantes résistantes au changement climatique mais aussi, d’obtenir de plus grands rendements sur des surfaces plus réduites. Il devrait donc s’agir d’une bonne nouvelle sur le plan de la sécurité alimentaire et potentiellement, sur le plan économique.
Précisons toutefois que l’accord assouplit les règles actuelles seulement en ce qui concerne les NGT de catégorie 1 (NGT-1), c’est à dire dont le génome a subi un maximum de 20 modifications génétiques. Pour ce qui est des NGT de catégorie 2 (NGT-2), les règles restent les mêmes que pour les OGM classiques. Par ailleurs, la mention NGT-1 devra figurer sur les sacs de semences qu’achètent les agriculteurs. En revanche, cette même mention n’est pas obligatoire sur l’étiquetage du produit final.

Une décision qui ne plait pas à tout le monde
Jusqu’à aujourd’hui, tous les NGT étaient encore considérés comme des OGM sur le plan législatif et donc, interdits à la culture sur le sol européen. Seuls quelques petites parcelles testaient le maïs Monsanto 810, en Espagne et au Portugal. Seulement voila, la puissante organisation agricole Copa-Cogeca et les grands semenciers exigeaient une simplification des règles afin que l’UE puisse maintenir sa compétitivité face aux géants étasunien et chinois.
Si les grands syndicats agricoles et les députés se réjouissent de la décision, certaines organisations environnementales s’en inquiètent fortement. Citons par exemple l’ONG Pollinis, craignant des risques majeurs à différents niveaux. Il est notamment question de risques sanitaires et environnementaux méconnus (erreurs génétiques, impact sur la biodiversité) et une atteinte aux droits des consommateurs en ce qui concerne l’étiquetage.
Source : https://sciencepost.fr/