Figuier de Barbarie – Prickly Pear Cactus – Opuntia ficus-indica
Description :
Également appelé le « cactus-raquette » ou encore « figuier de l’Inde », le figuier de Barbarie (Opuntia ficus-indica) est une plante arborescente, grasse et vivace, connue pour ses succulents fruits épineux ainsi que pour son allure très graphique.

Originaire du Mexique et appartenant à la vaste famille des cactacées et au genre opuntia, le figuier de Barbarie est une plante grasse naturalisée dans le bassin méditerranéen et dans les régions désertiques. Il est apprécié pour sa robustesse et son entretien restreint. Pouvant atteindre un beau développement dans son pays d’origine et dans les régions méditerranéennes, cette plante au port élégant se pare au fil des ans d’un « tronc » ligneux pour atteindre jusqu’à 5 mètres de hauteur pour autant d’étalement.

Ramené en Europe par Christophe Colomb lors de son premier voyage dans le Nouveau Monde, le cactus mexicain s’acclimate rapidement à l’ensemble des rivages méditerranéens. Ne craignant aucunement l’aridité, il s’adapte facilement à des sols très secs et pauvres.
On compte près de 200 espèces du genre Opuntia, et quelques variétés de figuier de Barbarie (Opuntia ficus-indica), aux fruits plus ou moins précoces et aux couleurs variant du jaune au rouge, voire au blanc.
Le figuier de Barbarie a été improprement appelé figuier puisqu’il n’est pas un ficus. C’est une plante arborescente qui peut vivre très longtemps. Ce cactus arbustif au port érigé possède un tronc. Il s’agit en réalité d’anciens cladodes qui se sont lignifiés en vieillissant.
Habitué aux conditions extrêmes, l’opuntia ficus-indica peut résister à des longues périodes de sécheresse et d’exposition au soleil, car il stocke l’eau grâce à ses racines qui absorbent de grandes quantités d’eau après les pluies dans ses « cladodes ».

Ses tiges portent des « raquettes » articulées, arrondies ou ovales, parfois cylindriques, aplaties, épineuses (certaines variétés sont inermes) et charnues, pouvant mesurer plus de 40 centimètres de long, appelées « clatodes ». Un clatode peut porter jusqu’à une trentaine de fleurs. Les raquettes sont vert grisâtre et s’épaississent en vieillissant et deviennent ligneuses, comme le tronc. Elles sont parsemées d’épines acérées (nommées à tord « aiguillons ») blanches et solides, d’un à deux centimètres de long, entourées de barbes, les glochides. Ces derniers sont de fines et minuscules aiguilles brunes très piquantes, dont le rôle est de retenir l’humidité de l’air et qui se détachent au moindre frôlement en se plantant dans la peau, entraînant une gêne. Ces glochides couvrent aussi souvent la surface des fruits. Il convient de noter que les épines du figuier de Barbarie sont des feuilles modifiées qui se détachent aisément de l’épiderme sans blesser la plante, contrairement aux aiguillons des euphorbes, issus de l’épiderme, qui laissent échapper un latex lorsque l’on tire dessus.

Au printemps, le bord des raquettes se pare de larges et jolies fleurs en coupe. Les fleurs sont comme toutes les fleurs des cactées, éphémères mais d’une grande beauté, constituées de pétales de soie jaunes, jaune orangé brillant ou rouge, selon les variétés, entourant un bouquet d’étamines bien fourni. La couleur de la floraison dépend des variétés. Chez l’Opuntia ficus-indica, elle est jaune. Il existe aussi des hybrides aux fleurs blanches (Opuntia ficus-indica Muscaredda) ou rouges (Opuntia ficus-indica Sanguinea). La floraison s’étale du printemps jusqu’à l’été. Les fleurs donnent, en juillet et août, des fruits charnus, ovoïdes, comestibles et à la chair douce, de 4 à 10 cm de long et s’alignant exclusivement sur le bord de la raquette. Les fruits, appelés « figues de Barbarie » ont une peau variant du jaune clair au rouge prononcé, voire violacé, parfois blanc, contenant une pulpe jaune, verte, orange ou rouge, ponctuée de nombreuses graines noires à enveloppe dure, mais il existe des cultivars sans pépins. La peau des fruits est couverte de petits aiguillons très acérés, les glochides, qui rendent la récolte des figues de Barbarie longue et difficile. Lors de la récolte, les fruits sont décrochés à l’aide d’un bâton dont l’extrémité est fendue en croix.






Plante aux nombreux bienfaits sur son environnement, le figuier de Barbarie contribue à la fixation des dunes et à l’enrichissement des sols en matières organiques et aide à lutter contre la désertification et l’érosion.
Ses fruits sont riches en vitamines C et E, en oligo-éléments, en minéraux, en acides gras essentiels, avec une forte teneur en fibres, vitamine E et en acides gras essentiels.


L’huile de figues de barbarie est beaucoup moins grasse que les autres huiles, elle pénètre facilement et rapidement dans l’épiderme, sans laisser de film gras.
Les figuiers de Barbarie sont aussi utilisés dans l’industrie pour l’élevage de la cochenille (Dactylopius coccus), un minuscule insecte qui, une fois broyé, fournit un colorant rouge de qualité, utilisé comme colorant alimentaire, notamment dans certains bonbons. On le retrouve sous l’appellation de E120 ou E124 sur les étiquettes.

Maladies et parasites du figuier de barbarie :
Bien qu’il soit une plante vivace et résistante, et par conséquent peu sujet aux maladies, le figuier de Barbarie est particulièrement sensible à la pourriture des racines en cas d’excès d’eau et de sol mal drainé.
Les cochenilles farineuses ou à boucliers qui sont surtout actives pendant les mois les plus chauds, lorsque l’environnement est propice à leur reproduction et à leur propagation rapides peuvent rapidement coloniser la plante. Ce sont des ravageurs destructeurs qui affectent le figuier de barbarie, se manifestant par des masses blanches semblables à du coton sur les parties de la plante. Elles sucent les sucs de la plante, provoquant le jaunissement et la chute prématurée des feuilles, un retard de croissance et potentiellement la mort de la plante si elles ne sont pas gérées efficacement. L’arrosage excessif, l’humidité élevée et une mauvaise aération peuvent contribuer aux infestations de cochenilles farineuses.

Pour lutter contre les cochenilles ravageuses, il convient de séparer les plantes infectées des plantes saines pour éviter la propagation des cochenilles. L’introduction de prédateurs naturels, comme les coccinelles, peut aider à lutter contre les cochenilles. Le contrôle des signes précoces d’infestation peut aider à endiguer les cochenilles farineuses.

Espèces et variétés de figuiers de Barbarie :
Opuntia ficus-indica
– Variété : Opuntia ficus-indica
– Forme : Buisson jusqu’à 3,50 m en tous sens. Raquettes ovales, souvent sans grosses épines, jusqu’à 40 cm de long
– Floraison et fructification : Grandes fleurs jaunes ou jaune orangé en mai et gros fruits jaunes ou orangé sur les bords de la raquette, mûrs en fin d’été
– Tolérance au gel : -5 à -7 °C
Opuntia ficus-indica var. rubra
– Variété : Opuntia ficus-indica var. rubra
– Forme : Buisson dépassant 3 m comme ci-dessus
– Floraison et fructification : Grandes fleurs jaunes et gros fruits rouges délicieux, plus tardifs que les jaunes
– Tolérance au gel : -5 à -7 °C
Opuntia ficus-indica var fleur orange
– Variété : Opuntia ficus-indica var fleur orange
– Forme : Plante à croissance très rapide, aux raquettes vertes lustrées sans épine
– Floraison et fructification : Fleurs orange suivies de fruits rouges
– Tolérance au gel : -4 °C
Opuntia engelmanii var lindheimeri
– Variété : Opuntia engelmanii var lindheimeri
– Forme : Arbuste étalé de 1 m de haut et raquettes arrondies de 20 cm de large
– Floraison et fructification : Très jolies fleurs orange vif, en mai suivies de fruits ronds carmin
– Tolérance au gel : -15 °C
Opuntia tardospina (syn O. engelmanii forme inerme)
– Variété : Opuntia tardospina (syn O. engelmanii forme inerme)
– Forme : Forme quasi sans épine utilisée pour nourrir les tortues exotiques
– Floraison et fructification : Fleurs jaune orangé
– Tolérance au gel : -10 °C
Opuntia engelmanii var. alta
– Variété : Opuntia engelmanii var. alta
– Forme : Buisson dépassant 1 m, à grosses épines blanches et raquettes parfois en forme de cœur
– Floraison et fructification : Belles fleurs jaunes suivies de fruits rouge violacé
– Tolérance au gel : -15 °C
Opuntia fragilis
– Variété : Opuntia fragilis
– Forme : Buisson très compact, aux cladodes cylindriques de 2-3 cm de diamètre, se détachant facilement d’où son nom. Plus ou moins épineux selon les cultivars
– Floraison et fructification : Fleurs jaune pâle
– Tolérance au gel : -20 °C
Opuntia humifosa
– Variété : Opuntia humifosa
– Forme : Buisson rampant à cladodes presque circulaires qui se fripent en hiver pour résister au gel. Une seule épine par aréole
– Floraison et fructification : Fleurs jaunes en mai-juin, fruits vert jaune
– Tolérance au gel : -25 °C et plus
Opuntia ficus indica possède quelques cultivars qui diffèrent surtout par la couleur de leurs fruits :
– ‘Sulfarina’ aux fruits jaunes ;
– ‘Sanguigna’ portant des fruits rouge-pourpre ;
– ‘Muscaredda’ et ses fruits blanchâtres.
FICHE TECHNIQUE :
Nom botanique : Opuntia ficus-indica
Nom commun : Figuier de barbarie
Autres noms : Cactus-raquette, Figuier de l’Inde, Cactus ficus-indica, Cactus opuntia, Platyopuntia ficus-indica, Opuntia vulgaris, Opuntia chinensis, Nopal
Famille : cactacées (Cactaceae)
Genre : Nopal – Opuntia
Espèce : Figuier de Barbarie – Opuntia ficus-indica
Type : cactus arbustif
Cycle de vie : Vivace
Origine : Mexique, Amérique Centrale
Dimensions : 3 à 5 m de hauteur et d’étalement
Exposition : Plein soleil
Sol : Tout type de sol léger, bien drainé, même sec et caillouteux
PH du sol : Sol alcalin, Sol neutre, Sol acide
Humidité du sol : Sol drainé, Sol sec
Densité : 0,5 pieds/m²
Plantation : D’avril à août
Rusticité : Moyenne (-5 °C)
Feuillage : Persistant
Forme : Buissonnant
Besoin en eau : faible
Croissance : rapide
Multiplication : bouturage
Engrais : En pleine terre, aucun apport d’engrais n’est nécessaire
Floraison : mai-juin
Récolte : Juillet, août, septembre
Hauteur : 3 à 5 mètres
Maladies et parasites : Cochenilles
Quelques faits sur le Figuier de Barbarie :
1– Originaire du Mexique les Aztèques l’adoraient comme une plante divine. Une boisson alcoolisée était préparée à partir de ses fruits pour les cérémonies religieuses.
2- Cultivé jusqu’à 4 700 mètres d’altitude, on le retrouve principalement au Mexique, en Afrique et dans la région méditerranéenne.
3- Lorsqu’ils tombent au sol, feuilles ont la capacité de développer des racines et créer ainsi une nouvelle plante
4- Le figuier de Barbarie (Opuntia ficus-indica) est originaire du Mexique bien que la Barbarie fasse référence à la région des Berbères au Maghreb. Il est en effet cultivé depuis des centaines d’années en Méditerranée pour ses fruits juteux riches en vitamine C.
5- Opuntia ficus-carica fut d’abord nommé le « figuier des Indes », traduction de « Ficus carica » puisque lors de sa découverte sur le nouveau continent, Christophe Colomb restait persuadé d’avoir débarqué en Inde. Opuntia fait référence à Oponte, une ville de la Grèce antique. Il est probable que Opuntia désignait alors une sorte de figuier de type Ficus carica abondant en Grèce.
6- Opuntia éveilla grandement l’intérêt de Christophe Colomb du fait que les indigènes consommaient leurs pousses tendres comme des haricots verts. Comprenant l’utilité de la plante pour lutter contre le scorbut au cours de longues traversées, des boutures furent emportées et diffusées dans tous les ports de Méditerranée, puis dans toutes les zones tropicales du monde, avec une extrême rapidité.
7- Le figuier de Barbarie est un symbole fort de la ville de Mexico et figure même sur son blason. Selon la légende aztèque, la capitale devait s’implanter à l’endroit précis où un aigle dévorait un serpent, perché au-dessus d’un cactus qui poussait sur un rocher au milieu d’un lac.
8- Les populations précolombiennes élevaient Opuntia pour le nopal et les cochenilles inféodées à la plante qui, une fois écrasées, procurent un extraordinaire pigment rouge carmin. Les colons espagnols diffusèrent le pigment à travers toute l’Europe pour colorer les étoffes, la peinture ou les produits de maquillage jusqu’à ce que les teintures chimiques le remplacent. Cependant l’élevage des cochenilles revient en force depuis une trentaine d’années, car il est le seul colorant d’origine animale, le E 120, autorisé dans l’industrie alimentaire (yogourt, grenadine,…). Il sert aussi en cosmétique comme fard à paupières aux États-Unis.
Par : Hamdane ALLALOU
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