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La viscose, cette fibre naturelle qui empoisonne l’Inde

Getty Images/Maskot
Fabriquée à partir de cellulose, cette fibre prédominante dans le prêt-à-porter bon marché cache un lourd coût environnemental et sanitaire.
Elle est votre robe d’été préférée et cette jolie chemise confortable: la viscose est un textile très apprécié par le marché de la mode rapide pour sa fluidité et sa résistance. Qualifiée parfois de matière responsable parce qu’elle est fabriquée à partir de pulpe de bois – au contraire du polyester, issu de la pétrochimie, par exemple –, cette fibre cache toutefois un coût environnemental élevé et un désastre sanitaire pour les humains, révèle dimanche l’émission «Mise au Point» de la RTS.
La viscose s’obtient à partir de cellulose, dissoute dans des produits chimiques. Si son origine est en effet naturelle puisqu’elle provient de végétaux, la fibre reste conçue artificiellement. L’organisation Textile Exchange indique que cette matière représente environ 80% des parts de marché des fibres de cellulose et sa production pesait 5,8 mégatonnes en 2021.
Les habitants et la terre malades en Inde
Dans un reportage tourné au centre de l’Inde, l’équipe de télévision s’est rendue dans les abords d’une usine de fabrication de viscose, à Nagda. Le pays abrite en effet une partie de la production mondiale. D’après des témoins sur place, la pollution des eaux due à l’industrie de la viscose aurait rendu malade des centaines de personnes et causé la stérilité des terres avoisinantes.
En 2018, un rapport des autorités indiennes dénonçait déjà l’impact des rejets des produits chimiques dans l’air et dans l’eau par l’usine sur la santé des locaux. Deux ans plus tard, les autorités exigeaient du fabricant des mesures immédiates contre cette pollution, sans succès, d’après l’avocat Abhishek Chaurasiya, qui lutte depuis huit ans pour faire condamner l’entreprise, dirigée par le groupe Birla.
Quelles sont les alternatives à la viscose ?
Difficile pour les consommatrices et les consommateurs de faire leur choix parmi les matériaux qui peuplent les portants de leur enseigne préférée. La fabrication de la viscose pollue, celle du coton demande une quantité d’eau phénoménale, l’acrylique et le polyester sont des dérivés du plastique tandis que les matières provenant des animaux, comme le cuir, la laine et la soie, sont pointées du doigt par des associations de protection animale.
Alors, vers quelle alternative se tourner pour faire un choix responsable? Similaire à la viscose, on peut opter pour le lyocell. Ce dernier, appelé aussi Tencel, est une soie végétale transformée à partir de la pulpe de bois, mais son processus de fabrication en circuit fermé permet de recycler les solvants et l’eau.
Limiter sa consommation pour éviter la pollution
Les matières végétales comme le lin et le chanvre sont également de bonnes alternatives, car leur fabrication demande une consommation d’eau plus faible que d’autres tissus. De manière générale, il faudrait privilégier les matières naturelles, les fibres recyclées et les tissus non mélangés, qui peuvent ensuite se recycler.
Limiter sa consommation et shopper en seconde main restent les meilleurs gestes pour préserver l’environnement, mais si l’on décide de s’offrir une pièce neuve, l’on peut se tourner vers les textiles labellisés, comme Oeko-Tex, GOTS ou les certifications bios. Les labels ont toutefois des limites, dénonce l’ONG Public Eye, qui a publié un guide pour aider les consommateurs à se repérer.
Source : https://www.24heures.ch/