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Quand l’edelweiss est cultivé pour ses vertus cosmétiques

A Icogne, en Valais, Guillaume Mayor cultive la plante emblématique des Alpes suisses. Il en tire de l’hydrolat aux vertus toniques.
On le considère souvent comme un emblème national : l’edelweiss symbolise la Suisse et ses montagnes. La fameuse plante alpine, avec ses fleurs en forme d’étoile, est aussi très réputée chez nos voisins autrichiens et allemands.
Elle est en outre très prisée en raison de sa rareté. L’edelweiss, plante protégée, ne pousse pas qu’à l’état sauvage dans les pentes abruptes des montagnes. La fleur est domestiquée en Valais depuis 1997, dans plusieurs endroits du canton et elle fait le bonheur des fabricants de produits cosmétiques.

Nous sommes partis à la rencontre d’un des producteurs d’edelweiss, dans le Valais central. Guillaume Mayor a adopté cette plante il y a dix ans, à l’Essencier, une distillerie d’huiles essentielles située à Icogne.
Visiteurs fascinés
Parmi la quinzaine d’espèces de plantes destinées à la distillation à l’Essencier, l’edelweiss tient une place particulière dans l’exploitation d’Icogne. «C’est une plante emblématique, que peu de pays cultivent, qui fascine les visiteurs qui viennent dans notre boutique», raconte Guillaume Mayor. «Il y a, par exemple, une dame qui vient de Megève et qui cultive des fleurs sèches. Elle vient exprès ici chercher des edelweiss.»

A quelques centaines de mètres du bâtiment de l’Essencier, le champ d’edelweiss s’étire sur 7000 m2. Des fleurs récoltées, Guillaume Mayor fait plusieurs usages. «Une partie de notre production est livrée à la coopérative Valplantes et l’autre partie, nous l’utilisons ici à la distillerie. Avec les plantes sèches, nous fabriquons de l’hydrolat.»
Adoucissant et rafraîchissant
Cet hydrolat – eau aromatique obtenue après distillation – fait le bonheur des producteurs de cosmétiques et des utilisateurs, qui peuvent notamment l’utiliser en spray sur leur visage. «L’hydrolat d’edelweiss a de belles vertus cosmétiques, elle produit un effet antioxydant, adoucissant et rafraîchissant.»
Mais avant cela, le labeur est rude pour cultiver l’edelweiss, une fleur qui demande un soin tout particulier. «Comme il y a plus de zones ouvertes que pour d’autres plantes, il y a plus de travail, car il faut désherber davantage», note Guillaume Mayor. «Il faut un sol très propre au préalable, avec une qualité typée, un sol léger. Et nous devons aussi gérer l’irrigation: l’edelweiss s’arrose moins que d’autres plantes. S’il y a trop d’eau, il peut attraper des maladies fongiques.»
Une plante en vogue
La plantation de l’edelweiss s’effectue de mai à juin. «La première année, nous n’avons qu’une récolte en fin de saison, puis elle s’effectue en juin et en septembre.» Entretemps, le producteur aura dû choyer cette fleur fragile, qui se développe lentement. Dans son laboratoire, Guillaume Mayor procède à des essais, gardés secrets, afin de créer de nouveaux produits à base d’edelweiss.

«Je travaille sur une méthode spécifique pour extraire les bienfaits de cette plante.»
Depuis que l’Essencier a lancé les plantations d’edelweiss, la surface de culture a déjà doublé. Pour l’heure, il n’est pas question d’agrandir ce périmètre. «Tout dépend des demandes de la coopérative Valplantes. L’edelweiss est en vogue.»
Des besoins stables
Actuellement, dans le canton du Valais, trois hectares d’edelweiss sont cultivés. C’est la coopérative Valplantes, basée à Sembrancher, qui assure la coordination de la production.
Fabien Fournier, gérant de Valplantes, indique que «les besoins de la clientèle sont pour l’instant stables. Pour les edelweiss et les autres plantes alpines produites qui ont en général peu ou pas de rendement en première année de culture, la rétribution se fait à la surface pour que les producteurs soient payés pour leur travail dès la première année, qui n’est pas rentable. Les fluctuations de rendement importantes, mais aussi le manque d’informations sur le rendement lorsqu’il s’agit de ‘domestiquer’ de nouvelles espèces, ne permettent pas de fixer des prix justes à la production.»
Source : https://www.arcinfo.ch/