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8 recettes d’hormones de bouturage maison 100% naturelles !

Le bouturage permet de multiplier des plantes à l’identique, gratuitement, simplement en partant d’un fragment végétal tel qu’une tige, une feuille ou une racine. Certains choisissent d’imprégner ou de tremper l’échantillon de plante dans une hormone de bouturage afin d’accélérer la cicatrisation de la coupure et de hâter la formation de racines, mais cela n’a rien d’obligatoire.
Bien sûr, l’industrie chimique propose des hormones de bouturage synthétiques qui nécessitent une A.M.M. (autorisation de mise sur le marché) au titre des « Produits phytopharmaceutiques de biocontrôle ». Inutile de dépenser votre argent ainsi puisque des solutions naturelles alternatives existent avec le même pouvoir pour favoriser le développement des racines et panser les plaies des tiges.
Fonctionnement des hormones de bouturage
Les hormones de bouturage vendues dans le commerce contiennent un produit de synthèse, l’acide b-indole butyrique (AIB), qui reproduit les fonctions des hormones naturelles telles que l’auxine qui se trouve dans des produits comme les radicelles d’avoine, la cannelle, les tiges de ronce, etc.
L’objectif d’une bouture repose sur sa capacité à développer des racines, un processus que l’on appelle la rhizogenèse adventive. Comme chez l’être humain, un équilibre hormonal s’impose pour que la croissance se passe bien, et l’auxine joue un rôle majeur. Grâce à cette phytohormone de croissance végétale, le développement des plantes et le contrôle de leur croissance peut se faire correctement, notamment dès les premières étapes de l’embryogenèse.
Pour cette raison, l’auxine se trouve donc sous forme d’hormone de synthèse dans les produits en vente en jardinerie, mais reste évidemment dans certains végétaux à l’état naturel : il est donc facile d’en profiter pour faire ses boutures.
1 – Eau de saule
Commençons par l’exception : l’eau de saule. En effet, la substance principale qui active la croissance des boutures s’appelle l’acide salicylique, il ne s’agit pas de la molécule d’auxine. Et pourtant, même si l’eau de saule ne fait pas partie, proprement dit, des hormones de bouturage, elle s’impose comme la plus connue et sans doute la plus efficace.
L’écorce de saule contient naturellement de l’acide salicylique, qui favorise la cicatrisation de la coupure réalisée pour obtenir le fragment de la plante et qui stimule le développement racinaire permettant la bonne reprise de la bouture.
La recette de l’eau de saule n’a rien de sorcier, à condition de se procurer une branche de saule, plutôt jeune, d’un diamètre semblable à celui d’un stylo. Peu importe l’espèce de saule, tous les arbres du genre Salix bénéficient de ces propriétés, à commencer par le saule blanc (Salix alba), mais si vous avez un saule pleureur ou un saule tortueux, ils feront aussi l’affaire.
A partir d’une branche de saule, retirez les feuilles et coupez le rameau en morceaux d’environ 5 cm de long qu’il sera préférable d’écraser quelque peu avec un pilon ou un marteau pour que la substance active s’extraie plus facilement.
Déposez-les dans un bol rempli d’eau de pluie (si vous n’en avez pas, prenez de l’eau du robinet) et laissez macérer à température ambiante, sans changer l’eau, durant une période qui peut être plus ou moins longue selon votre empressement à l’utiliser : de 1 à 2 jours et jusqu’à 1 mois, sachant que plus vous attendrez, plus vous obtiendrez un produit concentré.
Avant de l’utiliser, retirez les fragments de saule.
Après une macération de courte durée, les boutures devront y tremper une nuit, idéalement, avant de les mettre dans le substrat. Tandis qu’à l’issue d’une macération plus longue, la matière épaisse et visqueuse, rappelant du gel, que vous obtiendrez vous permettra simplement d’en enduire les boutures avant de les mettre en terre.
L’eau de saule ne garde pas longtemps ses propriétés, mieux vaut donc la préparer en petite quantité, au moment où vous faites le plus de boutures.
2 – Eau de ronce
L’infusion de tiges de ronce commune (Rubus fruticosus) contient de l’auxine et ceux qui se battent contre les ronces qui n’ont de cesse de les envahir savent bien qu’en marcottant, elles développent des petites racines, encore fragiles, toutes blanches. Ce sont elles qui concentrent la plus forte teneur en auxine, d’où l’intérêt de récupérer ces morceaux de tiges en train de marcotter afin de les couper en mini tronçons pour les faire macérer dans de l’eau de pluie, sans enlever les radicelles minuscules. Si vous en avez beaucoup, mieux vaut alors n’utiliser que ces racines juvéniles.
Prenez soin de bien rincer les fragments afin que l’eau de ronce ne soit pas terreuse. Certains optent pour une version infusée en chauffant un peu l’eau sans qu’elle atteigne l’ébullition.
Le temps de macération n’excédera pas 24 à 48h, puis il faudra filtrer et faire tremper votre bouture durant quelques heures ou une nuit, avant de la planter dans son petit pot rempli de substrat.
3 – Les algues
On connait les qualités des algues marines comme engrais organiques mais on connait moins leurs propriétés comme hormone de bouturage. Le goémon ou varech contient des auxines et cytokinines naturelles.
Comme l’auxine se conserve assez mal et que tout le monde n’a pas l’océan à portée de main pour y prélever des algues, mieux vaut acheter de la poudre d’algue de goémon noir (Ascophyllum nodosum) qui permettra de stimuler la production et le développement des racines de la bouture.
4 – Le grain d’avoine
Lorsqu’on parle du grain d’avoine, il peut aussi s’agir d’un grain de blé ou d’orge qui ont la capacité de produire de l’auxine au cours des premiers jours de germination, déclenchant alors le développement des cellules et donc de la production de racines.
Cette méthode ancestrale, utilisée par les anciens, vaut toujours actuellement. La seule difficulté consiste à parvenir à coincer ce grain à la base de la bouture, en faisant une incision ou en le maintenant en contact grâce à une ligature. Les tiges trop fines se trouvent souvent exclues mais les tiges de boutures ligneuses, plus larges, peuvent s’y prêter, qu’il s’agisse de rosiers, d’hortensias, de viornes ou de géraniums, par exemple.
5 – La cannelle
La cannelle contient de l’auxine tout en ayant des propriétés antifongiques et antibactériennes qui vont contribuer à accélérer la cicatrisation de la plante.
Si vous faites une bouture dans l’eau, il suffit de verser un peu de cannelle en poudre dans l’eau, en renouvelant l’opération à chaque changement d’eau. Pour une bouture dans la terre, enrobez le bas de la tige avec un peu de cannelle avant de la planter dans le substrat.
6 – L’urine et la salive
Votre urine s’avère être un bon engrais naturel riche en azote, mais ce n’est pas tout, elle contient aussi des auxines. Légèrement dilué ou non, ce pipi servira d’hormone de bouturage en y trempant les tiges destinées à être mises dans un substrat pour les multiplier.
A noter : la salive contient également des auxines. Vous pouvez donc simplement cracher sur les tiges à bouturer avant de les planter dans les pots remplis de terreau.
7 – Le miel
Le miel permet de mieux réussir ses boutures même s’il ne contient pas d’auxine, grâce à ses propriétés antibactériennes, antifongiques, antiseptiques et cicatrisantes. En enrobant la tige d’un peu de miel, on crée une couche humide protectrice contre tout agent pathogène qui voudrait s’immiscer par la coupure à la base de la tige.
Il ne reste plus qu’à enfoncer la tige miellée dans le substrat.
8 – L’aspirine
On retrouve dans l’aspirine un dérivé de l’acide salicylique, contenu dans les saules, appelé acide acétylsalicylique, qui est la substance active du médicament. Prescrite comme anti-coagulant chez beaucoup de personnes sujettes à des risques d’accidents vasculaires, l’aspirine conserve ce rôle avec les plantes. Elle limite le dessèchement de la coupure à la base de la tige tout en favorisant la production de jeunes racines.
Pour obtenir une matière pâteuse avec laquelle vous pourrez enduire les boutures, il convient d’écraser des cachets d’aspirine en les mélangeant avec un peu d’eau. Il ne reste qu’à mettre en terre les boutures ainsi préparées.
Pour conclure, n’abusez pas des hormones de bouturage, ne les utilisez que pour des végétaux plus capricieux à développer de nouvelles racines et à reprendre. La plupart s’en passeront facilement.
Source : https://binette-et-jardin.ouest-france.fr/