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Changement climatique : 20% des surfaces de café arabica menacées d’ici 2050
Un rapport récent d’alerte sur la disparition potentielle de 20% des surfaces cultivables de café arabica d’ici 2050 en raison du réchauffement climatique, affectant principalement les zones tropicales actuelles.
Le café arabica, sensible aux températures supérieures à 20 – 23 °C et à la variabilité pluviométrique, verrait ses aires favorables se déplacer vers des altitudes plus élevées, rendant 15 à 30% des terres actuelles impropres selon les scénarios climatiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
Le Brésil, le Vietnam, la Colombie et les pays africains comme l’Éthiopie subissaient les pertes les plus marquées, avec des rendements imprévisibles déjà observés.
Mécanismes du déclin climatique
L’élévation des températures moyennes de 1,5 à 3 °C d’ici 2050 entraîne un stress hydrique, des floraisons perturbées et une augmentation des maladies comme la rouille des caféiers, notamment jusqu’à 50% des surfaces propices dans les basses altitudes.
L’arabica nécessite des conditions stables entre 18 et 20,5 °C ; au-delà, la croissance s’arrête, favorisant paradoxalement le Robusta plus résistant mais moins prisé sur les marchés premium. Des études comme celle du Climate Institute de 2016 ont permis une contraction de la moitié des terres exploitables, aggravée par les sécheresses récurrentes au Brésil et au Vietnam.
Impacts sur les grands producteurs
Le Brésil et le Vietnam, dirigeants mondiaux, risquent une remise en cause de leur domination, tandis que l’Afrique de l’Est et l’Asie pourraient gagner en potentiel, au prix d’une concurrence accumulée avec les forêts primaires.
En Colombie, les cultures migrant vers des hauteurs supérieures, mais le Robusta gagne du terrain en basses altitudes, altérant la qualité premium de l’arabica. Les petits producteurs familiaux, majoritaires, affrontent déjà des récoltes imprévisibles, avec des pertes économiques amplifiées par une demande mondiale en hausse de 5% par an.
Solutions et adaptations en cours
L’agroforesterie, associant caféiers à des arbres ombrageant, améliore la résilience en régulant les températures et l’humidité, selon le Cirad. Des programmes de sélection variétale au Vietnam visent des hybrides résistants, tandis que le commerce équitable et la régulation des prix soutiennent les planteurs face à l’instabilité.
Le GIEC et Ksapa appellent à des mesures urgentes d’adaptation, incluant diversification et innovations pour préserver 50% des terres menacées d’ici 2060 dans les scénarios pessimistes.
Avec 2,25 milliards de tasses consommées quotidiennement, le café domine le commerce mondial, mais sa filière risque l’extinction sans action : prix en hausse, qualité dégradée et pénurie pour les consommateurs occidentaux. Les planteurs, vulnérables, exigeants des chaînes de valeur plus équitables pour financer la transition verte.
Le rapport souligne une menace imminente sur 20% des surfaces arabica, nécessitant une adaptation accélérée pour sauvegarder cette culture emblématique face au climat. Sans mesures, la moitié des terres pourrait disparaître d’ici 2050, transformant profondément le marché mondial du café.
Source : https://www.tunisienumerique.com/