Euphorbe mellifère – Honey spurge – Euphorbia mellifera
Description :
Originaire des climats chauds de Madère et des îles Canaries, résistant moyennement au froid (-10°C), l’euphorbe mellifère prospère dans un environnement chaud et ensoleillé, avec une humidité modérée et des périodes sèches occasionnelles, où elle peut absorber suffisamment de lumière pour une croissance robuste et rapide et une capacité de floraison accrue. Dans un environnement avec un soleil partiel et des conditions de lumière légèrement réduite, sa croissance peut être légèrement plus lente, en produisant moins de fleurs.
Plante vivace arrondie à feuillage persistant et au port buissonnant et arbustif, ressemblant davantage à un arbuste, l’euphorbe mellifère est un grand arbuste qui conserve ses feuilles toute l’année. En s’adaptant aux variations de lumière, ces dernières peuvent ajuster leur texture et leur orientation pour maximiser l’absorption de la lumière.

De croissance rapide, elle peut atteindre, en culture, 2 mètres de hauteur et d’envergure à maturité si elle trouve ses conditions idéales : une exposition ensoleillée, abritée des vents froids, un sol plutôt humifère, drainé mais pas trop sec et des températures qui ne descendent pas en dessous de -5°C. Elle peut dans son aire d’origine adopter un port arborescent et atteindre une hauteur d’environ 15m.

Les feuilles alternes, opposées ou verticillées, simples, de couleur vert-moyen à vert sombre sont oblongues-lancéolées et étroites, avec des nervures vert clair à crème, de 15 à 20 cm de long.

Au mois de mai, émergent des cyathes réunies en inflorescences terminales très variables de 8 à 10cm de diamètre, formant dans la plupart des cas un cyathium, composé d’une fleur femelle unique au centre de l’inflorescence, réduite à 3 styles et 1 ovaire à 3 loges, entourée de plusieurs fleurs mâles, réduites chacune à 1 étamine ; le tout est entouré de larges bractées et de bractéoles de couleur jaune-verdâtre, rouges, pourpres, virant au brun-rouge et dégageant un arôme qui semble sucré, comme s’il s’agissait de miel, d’où l’épithète de son nom scientifique Euphorbia mellifera, formant un involucre plus ou moins cupuliforme, à 4-5 lobes, qui alternent en général avec autant de glandes charnues, possédant souvent un limbe étalé, blanc ou coloré. L’ovaire est généralement longuement pédicellé, à 3 loges uniovulées, 3 styles souvent bifides.



En juillet-août se développent des fruits arrondis (non comestibles), en capsule trilobée, se divisant en 3 coques bivalves, semblables à des pois, verruqueux, verts également. Les graines sont parfois caronculées, lisses, sillonnées ou tuberculées. A maturité, les coques deviennent ligneuses et finissent par éclater en propulsant les graines au loin grâce au mécanisme de déhiscence de la capsule. Une dissémination dite balistique. L’énergie libérée par la déhiscence assure l’expulsion des graines avec d’autant plus de puissance que les tissus du fruit sont épais et fibreux.

Les euphorbes sont des plantes vraiment polymorphes : elles prennent des formes très diverses. Certaines sont de petites plantes herbacées, au port grêle, d’autres sont arborescentes, atteignant plusieurs mètres de haut, d’autres encore ont une forme très similaire aux cactus. Elles apprécient les expositions ensoleillées en terrain bien drainé et même sec.

Compte-tenu de leur origine géographique, elles sont de rusticité moyenne, pouvant néanmoins sans problème tenir jusqu’à -10°C. Elles se comporteront également très bien en bord de mer. Le latex blanc abondant, poisseux et toxique, qui s’écoule des blessures est presque le seul point commun de ce genre immense, extrêmement varié et très polymorphe, qui compte environ 2000 espèces, principalement des espèces tropicales, subtropicales et tempérées (dont 463 espèces xérophytes de l’Afrique centrale et australe).

Les euphorbes sont véritablement des plantes à part, avec leurs particularités. Elles peuvent prendre l’apparence d’une annuelle, d’une bisannuelle, d’une vivace, d’un sous-arbrisseau, d’un arbuste et même d’un arbre. Les différentes espèces d’Euphorbia se plient à toutes les exigences. Ainsi, l‘euphorbe characias est une vivace au feuillage persistant et très décoratif, au port graphique haut de 1,20m, des feuilles linéaires et des fleurs vertes et jaunes, l’euphorbe myrsinite est une couvre-sol idéale en bordure et en rocaille, l’euphorbe mellifère est un arbuste très apprécié pour son parfum de miel et l’euphorbe polychroma est cultivée en bisannuelle, elle porte des rameaux de couleur rougeâtre, des feuilles persistantes gris bleu et des fleurs jaune vif, l’euphorbe marginata est une annuelle de 60 à 80cm, présentant un feuillage panaché, une tige dressée et velue.

Fiche Technique :
Nom commun : Euphorbe mellifère
Noms vernaculaires (Algérie) : Zaggoume, Daghmous, Tikiwt (en berbère)
Étymologie : Les euphorbes ont été nommées ainsi en hommage à Euphorbus, médecin du roi Juba II de Maurétanie (1er siècle avant J.-C.). Il aurait découvert les propriétés toxiques et médicinales contenues dans le latex de ces plantes.
Autre(s) nom(s) : Euphorbe à miel, Euphorbe des Canaries
Nom(s) scientifique(s) : Euphorbia mellifera
Classification scientifique :
Type : Vivace, arbustive, persistante
Ordre : Malpighiales
Famille : Euphorbiacées
Genre : Euphorbia, Euphorbes
Classe : Dicotylédone
Phylum : Plantes vasculaires
Origine : Madère, îles Canaries
Température idéale : de 0 à 41°
Odeur : Odeur sucrée de miel
Durée de vie : Vivace
Croissance : Moyenne à rapide
Intérêt : Plante mellifère
Type de plante : Arbuste vivace
Dimensions :
Hauteur : 180 à 200 cm
Étalement à maturité : 2,50 m
Port : Globuleux, buissonnant
Mode de vie : Autotrophe
Type de feuillage : Persistant
Couleur du feuillage : Vert moyen à vert foncé
Feuilles : Feuilles oblongues, étroites, lancéolées, nervure centrale claire
Fleurs : Cymes terminales de cyathes brun-rouge avec des reflets jaune-orangé, à odeur de miel
Période de floraison : De mai à juin
Fruits : Fructification de juillet à août. Fruits verruqueux, semblables à des pois
Autres : Tiges vigoureuses
Température minimale (Rusticité) : de -5°C à 0°C
Toxicité : Attention : Comme beaucoup de membres de la famille des Euphorbiacées, l’Euphorbe mielleuse est toxique et possède une sève irritante. cette plante peut entrainer des réactions cutanéomuqueuses Toute la plante est toxique en cas d’ingestion. La sève laiteuse qui s’échappe de la plante coupée provoque des irritations cutanées urticantes ou piquantes, voire corrosive et même toxique comme toutes les parties des euphorbes
Exposition : Plein soleil, à l’abri des vents, mi-ombre, ne redoutant pas l’air marin
Sol : Léger et Meuble, sableux, bien drainé, pas trop frais à sec
Maladies / Ravageurs : Pourriture grise (botrytis – maladie cryptogamique), jaunissement des feuilles, flétrissement de la pointe des feuilles, taches sombres, bords jaunes
Méthodes de multiplication : La multiplication de l’euphorbe mielleuse se fait par bouturage, à l’étouffée, entre mars et juin ou par semis, pratiqué généralement de mi-février à juin, dans un mélange adapté, à une température d’environ 18-20°C
Durée de germination : 2 semaines à plusieurs mois. Germination lente et irrégulière
Rusticité :
– Sol : Plantes peu exigeantes, les euphorbes peuvent pousser dans différents types de sols. Certaines espèces d’Euphorbia peuvent même prospérer dans des sols pauvres en nutriments, nécessitant seulement un bon drainage. Toutefois, si le sol est plein d’humidité et a tendance à retenir l’eau, il provoquera probablement la pourriture des racines
– pH du sol : Bruyère (acide), neutre
– Type de sol : Argilo-limoneux (riche, drainé à léger), Caillouteux (pauvre et filtrant)
– Humidité du sol : Sol pas trop sec à frais, riche et drainant
– Rusticité : Assez rustique : -10°C, voire au-delà, en perdant ses feuilles et en repartant de la souche
– Densité : 1 au m²
Pour la petite histoire :
Linné dédia cette famille à EUPHORBE, un médecin de l’Antiquité qui avait découvert les effets actifs du latex véhiculé dans les tiges. Attention, ce latex peut être un peu irritant. Il peut provoquer une réaction cutanée anormale, une atteinte des yeux ou des difficultés pour respirer en cas d’ingestion.
Éloigner des enfants. Éviter tout contact avec la peau. En cas de contact avec la peau, la bouche ou les yeux, rincer à l’eau les zones exposées et laver les vêtements ayant été en contact. En cas de difficulté à respirer ou d’apparition d’une réaction cutanée anormale, consulter un centre antipoison ou un médecin. Conserver l’étiquette ou une photographie du végétal pour faciliter son identification.
Synthèse par : Hamdane ALLALOU
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