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« Les trésors oubliés de la médecine arabe » : ces remèdes anciens qui inspirent les médicaments de demain

D’ici à 2050, le développement de la résistance des bactéries aux antibiotiques pourrait faire quelque 10 millions de victimes, provoquant plus de morts que le cancer. Face à l’urgence, les scientifiques ont décidé de se plonger dans des manuscrits millénaires de savants du monde arabe. Ils pensent y trouver des pistes pour fabriquer des remèdes décrits dans les pharmacopées, recueils de textes répertoriant des plantes médicinales et les manières de les utiliser. Leur objectif : découvrir de nouvelles molécules pour lutter contre l’antibiorésistance.
Cet instructif documentaire raconte comment une équipe de chercheurs du CNRS part sur les traces de ces savoirs du monde médiéval arabe, un âge d’or de la science, avec des personnalités comme Avicenne, Averroès ou Al-Kindi… Une civilisation arabo-musulmane qui s’étend alors sur trois continents, des rives de l’Indus jusqu’à l’Espagne, avec l’arabe comme langue, et traverse les siècles.
Une voie d’espoir
« L’exploration de remèdes anciens offre un vaste réservoir de molécules encore inconnues des bactéries actuelles », éclaire Pierre Fechter, microbiologiste à l’origine de ce projet qui vise à reproduire en laboratoire des recettes médicinales tombées dans l’oubli.
A Strasbourg, la chercheuse Capucine Braillon tente de recréer une potion à base de plantes et de métaux vieille de mille ans, inventée par Avicenne. Elle espère identifier des molécules actives contre une grave infection de la peau. L’étude des premiers manuscrits a déjà permis de tester quelques thérapeutiques, avec parfois des découvertes surprenantes. La bile d’animaux s’est révélée très efficace contre le staphylocoque doré.
Le chemin est long, mais s’ouvre une voie d’espoir. Une manière d’associer les connaissances d’antan et la médecine moderne. Pour l’historien Joël Chandelier, la disparition de l’héritage de figures comme Avicenne et Averroès est due au « caractère surplombant du regard occidental, un mépris qui va évidemment avec un sentiment de supériorité des Occidentaux au moment où ils colonisent ces territoires. Or ces espaces, ce sont les espaces dans lesquels des personnages comme Avicenne ou d’autres ont vécu ». https://www.arte.tv/embeds/fr/118234-000-A?autoplay=false&mute=1
Source : https://www.nouvelobs.com/