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Quand Si Abdellah laboure le sillon de la réussite grâce aux fruits exotiques en Algérie. Ce pépiniériste a osé explorer cet univers.

Satisfaire les besoins exprimés par le marché, du moins en bonne partie, par la production locale des fruits exotiques aura un impact non seulement sur la facture des importations, mais concourra à stabiliser le marché…Est-ce que les conditions climatiques, la nature des sols et le savoir-faire des agriculteurs algériens forment-ils pour ainsi dire le triangle fécond pour l’éclosion à grande échelle et surtout le développement de l’arboriculture fruitière exotique?
Des fruits exotiques de qualité
Bien que les contraintes pour ce faire paraissent, de prime à bord, cruciales, eu égard justement aux spécificités du biotope originel des espèces, notamment tropicales, il n’en demeure pas moins que cette filière représente pour l’Algérie un filon inestimable, dès lors que la demande sur le marché domestique concernant nombre de variétés de fruits exotiques augmente d’année en année.
Satisfaire les besoins exprimés par le marché, du moins en bonne partie, par la production locale des fruits exotiques aura un impact non seulement sur la facture des importations, mais concourra à stabiliser le marché par l’offre et, mécaniquement, agira sur la stabilité de la mercuriale en particulier sur les prix des fruits produits localement. Si Abdellah, un pépiniériste, dont le savoir-faire est transmis dans sa famille de père en fils, a, si l’on peut dire, osé explorer l’univers des fruits exotiques pour en tirer la quintessence.
Son défi de départ est de combiner, innover et trouver la formule et les techniques idoines, afin que ces fruits, tant prisés par le consommateur algérien pour leurs qualités gustatives mais aussi pour leurs propriétés médicinales, puissent trouver chez nous une terre fertile.
«Depuis 4 ans, j’ai transformé un lopin de terre d’un hectare en un champ expérimental et en parcs en bois pour diverses variétés de plants et greffons de plantes et d’arbres fruitiers exotiques. Les expériences sont quasiment concluantes et nombre d’agriculteurs et même de passionnés de ce type de culture s’approvisionnent de ma pépinière. Les retours sont satisfaisants et je compte une clientèle issue de plusieurs wilayas, même de notre Grand Sud», retrace-t-il son expérience.
Si Abdellah expérimente plusieurs fruits exotiques
Son laboratoire, pour reprendre son propos, se situe sur les terres hautement fertiles de la poche de la Mitidja de la zone sud de la wilaya de Tipasa, entre Bourkika et Ahmeur Al Aïn. Si Abdellah a commencé son aventure, plutôt sa passion dévorante pour tout ce qui est fruits exotiques. D’ailleurs même les graines de café ont poussé dans sa pépinière.
«J’ai expérimenté de nombreuses variétés d’arbres fruitiers exotiques et plantes. Grâce aux recherches que j’entreprends avant chaque expérience, j’ai réussi à cultiver plusieurs fruits: le pacanier, l’arganier, le jujubier (Sidr) yéménite, le neem (margousier), le papayer, différentes variétés de la passiflore (fruits de la passion), le pitaya auto-fertile (arbre du fruit du dragon), le sapotier, le goyavier dont les fruits aux saveurs de la fraise ou, tenez vous bien, au goût ressemblant étrangement à celui du foie d’agneau», explique Si Abdellah.
Ces espèces sont, entre autres, les plants et les pousses cultivés avec succès par Si Abdellah. À l’en croire, il n’a pas trouvé d’énormes difficultés à faire faire prospérer son verger exotique où trônent aussi des citronniers caviars aux fruits réputés pour les nuances de ses variétés.
En plus de son travail acharné dans sa pépinière quasiment unique en son genre, Si Abdellah poste souvent sur les réseaux sociaux des vidéos de vulgarisation sur notamment l’itinéraire technique optimal pour que les arbres fruitiers exotiques puissent prospérer normalement chez nous. «Mon souhait est que chaque Algérien puisse avoir le savoir-faire technique pour planter, même dans son petit jardin, un arbre fruitier exotique. Je partage mon expérience par passion», dira-t-il. Mieux encore, sa pépinière accueille également des étudiants en fin de cycle dans les spécialités de l’agronomie, afin d’y effectuer leur stage pratique pour décrocher leur diplôme.
Source : https://www.horizons.dz/