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Des segments de cultures émergentes gagnent du terrain en Algérie. Des agriculteurs en parlent.

Les cultures émergentes gagnent du terrain en Algérie. Safran, pistachier, fruits exotiques… peu importe le nom qu’on leur donne, une certitude s’impose: ces cultures ne sont plus à l’étape de l’initiation. Elles marquent aujourd’hui une véritable dynamique de diversification, qui s’installe progressivement dans plusieurs régions du pays.
Pour une structuration des producteurs en coopératives
Dans la wilaya de Chlef, cette évolution s’appuie sur un ensemble de conditions naturelles favorables, mais aussi sur un accompagnement administratif plus structuré. Pour le Directeur des services agricoles (DSA) de Chlef, M. Kouadria, cette transition s’explique par un potentiel déjà existant. «Avant de parler d’un accompagnement efficace pour ces nouvelles cultures, il faut rappeler que la diversification agricole est devenue une nécessité. Dans la wilaya, nous disposons de grandes superficies et d’un climat qui permet d’introduire de nouvelles cultures à haute valeur ajoutée», affirme-t-il.
Selon lui, ces cultures – qu’il s’agisse du safran, de la pistache ou de fruits exotiques – s’intègrent parfaitement dans le développement rural. «Dans les zones montagneuses et les zones éloignées, les agriculteurs travaillent souvent sur de petites superficies. Ces terres ne se prêtent pas aux grandes cultures. En revanche, elles peuvent accueillir des cultures émergentes compétitives et créatrices de richesse», souligne-t-il. Pour ces petits exploitants, ces filières représentent une opportunité réelle d’améliorer leurs revenus.
L’accompagnement institutionnel constitue un autre pilier. «Du côté de l’administration, l’encadrement est indispensable. Nous devons aussi encourager les cultures stratégiques, comme les oléagineux et les plantes aromatiques et médicinales. L’orientation de nos agriculteurs passe par un suivi technique permanent», explique Kouadria. Il insiste également sur la nécessité d’une meilleure organisation: «La structuration des producteurs en coopératives et associations peut renforcer ces filières et garantir une meilleure compétitivité».
Qualité, durabilité et performance
La qualité reste un élément clé de réussite. «Lorsqu’une filière mise sur la qualité, elle devient durable, performante et capable d’offrir des résultats solides dans le futur», poursuit-il. La formation s’inscrit dans la même logique. «Qu’elle concerne les agriculteurs ou les cadres techniques, elle est indispensable. Le choix du terrain est aussi déterminant. Certaines zones humides posent des contraintes, mais la bande littorale offre un climat très favorable», précise-t-il.
À ces défis s’ajoute celui des intrants, souvent difficiles à obtenir. «La disponibilité des semences, des plants et du matériel reste un obstacle. Ces intrants sont généralement importés. Il est temps de développer une production locale, notamment au sein des unités de production agricole relevant de l’entreprise Descartes», propose-t-il. Ce développement doit s’accompagner, selon lui, d’«un suivi rigoureux assuré par les institutions de protection des végétaux et les structures d’appui technique».
Enfin, le volet financier demeure essentiel pour consolider ces nouvelles filières. «Le soutien financier existe déjà pour d’autres cultures. Il doit être maintenu et étendu. Il doit encourager les agriculteurs à produire et les aider à accéder à des circuits de commercialisation. C’est la condition de la continuité et de la durabilité», conclut-il.
L’Algérie dispose de conditions favorables aux cultures émergentes
Pour sa part, le Secrétaire national de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), Slimane Draibine, exprime son soutien à l’orientation stratégique du ministère de l’Agriculture vers les cultures émergentes et nouvelles. Selon lui, cette démarche constitue un véritable levier pour diversifier l’agriculture algérienne et renforcer sa contribution à l’économie nationale, en introduisant des productions à forte valeur ajoutée.
«L’Algérie dispose de conditions naturelles particulièrement favorables à la réussite de ce type de cultures», affirme Draibine. Il cite le safran comme exemple concret, précisant que cette culture est déjà implantée avec succès à Ghardaïa et Khenchela, et qu’elle est actuellement en phase d’expérimentation à Constantine et Bouira. Cette expansion progressive illustre, selon lui, le potentiel réel de ces nouvelles filières sur le territoire national.
Le Secrétaire national met également en avant les résultats prometteurs observés dans certaines wilayas pour les fruits exotiques. Il évoque notamment Jijel, où le fruit du dragon et d’autres variétés ont donné des résultats encourageants, confirmant la capacité de certaines régions à s’adapter à des cultures innovantes.
Source : https://www.horizons.dz/