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Vous consommez des tomates espagnoles et marocaines? Cette étude pourrait vous faire changer d’avis

Les tomates non biologiques et provenant d’Espagne ou du Maroc contiennent plus de résidus de pesticides, selon une étude de l’UFC-Que Choisir. Et ce ne sont pas les seuls inconvénients. RMC Conso vous donne quelques conseils.
Vous avez du mal à vous passer de tomates cerises à l’apéritif, même en hiver ? Avec des prix plus qu’attractifs, parfois à moins d’un euro la barquette, vous vous laissez donc souvent tenter par des variétés étrangères.
Mais attention ! Comme le révèle l’UFC-Que Choisir ce vendredi 24 octobre, il y a de nombreux résidus de pesticides à éviter dans les tomates non labellisées bio et en particulier si elles viennent d’Espagne ou du Maroc.
Pour en arriver à cette conclusion, l’association de consommateurs s’est appuyée sur des résultats de tests réalisés par les autorités françaises en 2019, 2021 et 2022. Et elle les a comparé avec la contamination aux résidus de pesticides de 120 tomates françaises, 21 espagnoles et 33 marocaines. « Et le résultat est sans appel », alerte-t-elle.
Toutes les variétés, toute l’année
En moyenne, plus de la moitié des tomates marocaines analysées et 80% de celles espagnoles présentaient plusieurs résidus de pesticides, contre 15% des variétés françaises.
Concernant les molécules officiellement reconnues aujourd’hui comme dangereuses pour la santé par les autorités européennes (cancérigènes, perturbateurs endocriniens…), 6% des tomates conventionnelles françaises en étaient porteuses, contre près de 40% de celles importées d’Espagne ou du Maroc.
Des données préoccupantes, d’autant qu’elles ne concerneraient pas uniquement les tomates cerises achetées en hiver, mais « toutes les variétés, achetées à n’importe quel moment de l’année », pointe l’UFC-Que Choisir.
Et qu’en est-il du bio ? D’après l’étude, aucun résidu à risque n’a été retrouvé sur les tomates bio analysées par les autorités, quelle que soit leur provenance.
Conséquences sociales et environnementales
En plus de l’impact sanitaire des résidus de pesticides, les tomates étrangères sont produites au prix de conséquences sociales et environnementales lourdes, selon une autre enquête de l’association de consommateurs.
Celle-ci révèle notamment que les ouvriers agricoles évoluent dans des conditions de travail difficiles (manque d’eau, de toilettes, pas de protection pour l’épandage des pesticides etc.) et qu’ils sont mal rémunérés (moins de six euros de l’heure).
D’un point de vue environnemental, les conséquences sont également nombreuses: abandon dans la nature des bâches en plastique des serres de culture, épuisement de la ressource en eau, impact sur la biodiversité locale etc.
Même si les abus sur tous ces points sont moins fréquents dans l’Hexagone en raison de la plus grande fréquence des contrôles, « l’origine France n’est pas la garantie de toutes les merveilles », nuance l’enquête.
Par exemple, sur les résidus de pesticides, les cerises et les pêches semblent au contraire plus contaminées en France.
« Les quelques avantages de l’Hexagone tiennent donc peut-être avant tout au fait que sa production de fruits et légumes est deux fois moins élevée que celle de l’Espagne », souligne l’enquête.
Quels conseils ?
Mais alors, quand vous êtes face au rayon des tomates, que faire ? Et comment les choisir ? En achetant bio, local et de saison, vous avez l’assurance de tomates sans résidus de pesticides et avec des conditions de production écologiques.
Vous pouvez également privilégier les circuits courts, comme les Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap) qui proposent en général des paniers de fruits et légumes sur abonnement, ou encore les magasins ou les marchés de producteurs.
Pour autant, ces solutions sont souvent plus contraignantes pour s’y rendre, mais surtout plus coûteuses. Dans ce cas, vous pouvez aussi regarder les tomates Label Rouge. Même si l’utilisation des produits phytosanitaires n’est pas interdite, les producteurs la limitent au maximum.
Il y a également le label Tomates de France, construit aussi autour d’une charte stricte : des contrôles qualité après les récoltes, un acheminement en moins de 48 heures ou encore la protection des ressources en eau.
Source : https://rmc.bfmtv.com/