Blog / Conseils
Il n’y a désormais (presque) plus personne allergique aux cacahuètes, et voici pourquoi

Daisy Daisy, Adobe Stock
Extrêmement répandues jusqu’à récemment, les allergies aux arachides pour les enfants ont énormément diminué en peu de temps. Le résultat de nouvelles pratiques médicales qui ont porté leurs fruits en à peine quelques années.
Pour un enfant ayant grandi dans les années 1990 ou 2000, c’était presque un cliché. L’allergie aux arachides était si répandue qu’elle a conduit, jusqu’à aujourd’hui, à l’ajout systématique d’étiquetages et de mises en garde sur de nombreux produits, que ce soit en Europe et aux États-Unis où leur consommation est extrêmement élevée.
Pourtant, tout a changé, révèle une étude parue dans la revue Pediatrics ce 20 octobre, et repérée par le New-York Times. Les résultats montrent que le taux d’allergies aux arachides pour les enfants de moins de 3 ans a chuté de 43 % entre 2012 et 2020. D’ailleurs, le taux d’allergies global pour tous les aliments a diminué de 36 % sur la même période, mais que s’est-il passé ?
Introduire les arachides chez les enfants
En réalité, les premiers progrès arrivent à partir de 2015. Comme le relate le New-York Times, une étude parue dans la revue New England Journal of Medicine montre que faire consommer des arachides aux enfants en bas âge aide à développer une résistance à d’éventuelles allergies. Les auteurs assurent que le risque diminue alors d’environ 80 %.

© karepa, Fotolia
Aux États-Unis, cela est suivi par une recommandation officielle datant de 2017 de la part d’une agence nationale, l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses. Il établit qu’une introduction précoce et progressive aux arachides peut considérablement améliorer la résistance face aux cacahuètes et autres produits similaires.
En France, les données sont assez parcellaires puisque peu d’études se sont penchées sur le sujet. En 1998, on établit que près d’un tiers des allergies alimentaires sont liées aux arachides, mais que cela ne concerne que 0,9 % des enfants de moins de 5 ans, avec une forte diminution selon l’âge.
Des allergies en chute libre
Quoi qu’il en soit, encore en 2018, alors que les recommandations américaines n’ont pas totalement fait leur chemin, l’inquiétude demeure autour de ces allergies, et les spécialistes pointent une augmentation sensible un peu partout à travers le monde.
Mais ces nouveaux travaux montrent un avenir beaucoup plus optimiste, avec un nombre de cas en chute libre, et où ce sont désormais les œufs qui sont les allergènes numéro 1, mais avec un taux de prévalence global beaucoup plus faible.
Est-ce dû aux recommandations sanitaires ? Difficile de trancher car l’étude ne s’intéresse pas à ce que mangent les enfants, nous ne pouvons donc pas savoir si un changement dans l’alimentation et une introduction des arachides plus systématique a vraiment fait son chemin.
Un enjeu sanitaire majeur
Néanmoins, l’évolution est si brusque que l’hypothèse semble privilégiée par les chercheurs, y compris ceux qui n’ont pas participé à l’étude, comme la pédiatre Edith Bracho-Sanchez qui s’exprime dans le New-York Times : « Ce sont des données du monde réel qui montrent comment des recommandations sanitaires publiques peuvent modifier la santé des enfants. »

En effet, si les allergies aux arachides sont avant tout extrêmement contraignantes pour l’alimentation des jeunes enfants, elles peuvent aussi avoir des conséquences plus graves. Au-delà des nausées, vomissements ou maux de tête, certains patients subissent des problèmes respiratoires ou des pertes de connaissance.
La plupart du temps, les allergies sont liées à un défaut du système immunitaire qui résiste face à des substances qu’il considère comme hostiles. Mais un peu à la manière d’un vaccin qui habitue le corps à un élément extérieur, une introduction précoce peut apprendre au système immunitaire à se défendre de façon efficace, et surtout contre ce qui nuit réellement à la santé.
Source : https://www.futura-sciences.com/