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Triple peine pour le chocolat, trop gras, trop sucré et riche en cadmium

Éditorial – Mauvaise nouvelle pour les gourmands : le chocolat contient du cadmium. Ce métal lourd classé cancérigène est toxique pour les reins, les os et potentiellement délétère pour le développement du fœtus et du jeune enfant.
Juste un petit carré, puis deux, et voilà la barre entière engloutie avant que la tablette ne disparaisse à son tour. Vous aussi vous fondez souvent pour un « petit » chocolat ? La prochaine fois, pensez-y à deux fois car, mauvaise nouvelle pour les gourmands, abuser du chocolat peut nuire à la santé. Avec le cacao, c’est maintenant la triple peine. Cette gourmandise délicieuse souvent consolatrice ne se contente pas d’être simplement grasse et sucrée, mais s’avère aussi carrément toxique car riche en cadmium.
De quoi s’agit-il ? D’un métal lourd classé cancérigène « certain » depuis 2012, toxique pour les reins et les os, et potentiellement délétère pour le développement du fœtus et du jeune enfant. Rien que ça. Inutile de préciser que les amateurs de fèves se seraient bien passés de cette révélation de fin d’été parue dans la revue Que choisir.
Cela fait des années que le cadmium, principalement présent dans les engrais phosphatés, est dans le collimateur des chercheurs. On sait ainsi que l’alimentation est de loin la principale source d’exposition des consommateurs, les aliments les plus riches étant ceux à base de céréales (pain, pâtes, riz, biscuits, etc.), mais aussi le chocolat.
Dépistage sanguin du cadmium
Pourquoi ? Parce que les sols volcaniques d’Amérique du Sud, principaux fournisseurs en cacao, sont naturellement riches en cadmium qui a une fâcheuse tendance à se concentrer dans les fèves. Ces dernières années, le nombre de publications sur le cadmium, plus de 16 000 à ce jour, s’est envolé, toutes évoquant de multiples risques sanitaires : maladies osseuses, cardiovasculaires, affections rénales, troubles de la reproduction, risque accru de cancer (reins, poumon, prostate, sein, pancréas…). Bref, la liste des maux dus à ce métal s’allonge régulièrement. Déjà en 2023, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) estimait que jusqu’à 36 % des consommateurs âgés de moins de 3 ans dépassaient la dose journalière tolérable de cadmium via leur alimentation.
En juin dernier, la Conférence nationale des Unions régionales des professionnels de santé-médecins libéraux (CN URPS-ML) a finalement décidé de monter au créneau. Elle a alors adressé un courrier aux ministres de la Santé, de l’Agriculture et de la Transition écologique, faisant part de sa « grande inquiétude face à cette bombe sanitaire », selon les propos du docteur Pascal Meyvaert, coordinateur du groupe de travail santé et environnement aux URPS-ML relayés dans le journal Le Monde. Une médiatisation rapidement suivie de deux messages forts. Non, il n’y a pas de loi anticadmium en vue mais deux annonces ont été faites. L’une de l’Anses, promettant avant la fin 2025 une publication de travaux sur l’exposition au cadmium et sur les « leviers d’action pour réduire l’imprégnation de la population française ». Et une autre, émanant du ministère de la Santé, prévoyant le remboursement du dépistage sanguin du cadmium à partir de cet automne, au moment du Salon du chocolat. Vous voilà prévenus.
Source : https://www.challenges.fr/